Phèdre

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0,5/ 5
, 20 février 2012
Deus heures et demie d'outrage à Racine. Un Hippolyte qui se roule par terre tel un sanglier dans sa fange, qui préfère les singeries au comportement digne d'un héros de son rang : faut-il rappeler que les fureurs de l'amour ne sont pas celles d'un ouistiti surexcité ? ; des acteurs incapables de prononcer correctement un alexandrin (des liaisons qui ne sont pas faites, des -e- qui ne sont pas prononcés, des rimes qui ne sont pas respectées (on prononce fils "fi" et non "fiss" pour le faire rimer avec "suivis"), etc.) ; un Théramène qui prend la tête d'Hippolyte comme un enfant brutal prendrait celle d'une poupée de chiffon ; une Phèdre qui passe plus de temps par terre que de bout et qui... ne "s'assit" même pas sur un siège, au moment où la didascalie l'indique dans le texte... Hippolyte va même jusqu'à serrer Phèdre contre lui, contresens pourtant impossible à commettre, mais il semble que l'impossible ne soit pas une limite pour cette troupe ; Hippolyte embrasse Aricie : c'est une lecture bien partiale, et si elle est acceptable, il faudrait y voir une finesse de la part de l'auteur : nous ne sommes pas dans les Feux de l'Amour.
Les acteurs sont toujours en train de se toucher, de se jeter dans les bras l'un de l'autre. Soudain, Phèdre lance une tirade, qui commence bien, nous y sommes ! Le public est attentif et, subitement... elle se met à tourner sur elle-même comme une gamine de l'école primaire qui ne sait comment s'amuser avec sa jupe.
Des jeux de lumière projettent des carrés sur le sol. Pourquoi pas. Mais les acteurs ne savent qu'en faire : ils sautent de l'un à l'autre comme les pièces sur un échiquier. Est-ce une tentative pour "conceptualiser" le théâtre ? Si oui, c'est bel et bien raté. De même pour la musique violente et inappropriée qui fait passer d'un acte à l'autre.
Par ailleurs, une chute du quatrième mur quasiment brechtienne est tentée : c'est un artifice intéressant. Mais il n'en faudrait point abuser.
Enfin (quoique la liste ne puisse être exhaustive, tant il y a à redire), l'ajout d'un personnage qui hante l'ensemble de la pièce, et dont le programme semble nous apprendre qu'il s'agit de "la Parque" (laquelle d'ailleurs ?), il n'est jamais employé à bon escient. Non seulement, il est bien préseomptueux de vouloir ajouter quoi que ce soit à un tel chef-d'oeuvre, mais encore cela n'est pas pertinent : un obstacle est ajouté, un personnage qui vient à l'occasion serrer dans ses bras

Théâtre Mouffetard

  • Adresse :
    73 rue Mouffetard
    75005 Paris 5e

  • Métro : Place Monge (7)

  • Réservation : 01.43.31.11.99 (mar au sam 13h -19h)

  • Site web :
Phèdre