Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête : Du réel au délire

Immersion dans le cerveau et dans l'appartement d’un écrivain basculant dans la folie.
Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête © Stray Dogs Distribution / Bathysphere Productions

Le documentariste Ilan Klipper est attiré par les fous, et aime plonger dans leur univers. Le Ciel étoilé au- dessus de ma tête, son premier long-métrage de fiction, nous emmène dans le quotidien de Bruno, écrivain quinquagénaire, célibataire, sans enfants, un dilettante qui vit en colocation avec une jeune Femen. Bruno tente de trouver l’inspiration, la plupart du temps en slip. Le couloir de son logement semble décoré de diplômes et de distinctions; mais aujourd’hui, il ne produit rien. Sa famille, inquiète, débarque chez lui avec Sophie, que Bruno pense un instant séduire. Il s’agit en fait d’une psy (Camille Chamoux, émouvante interprète), qui va déterminer s’il faut l’hospitaliser de force ou non. Entre comédie loufoque et vaudeville moderne, Ilan Klipper met en scène un personnage hors des normes et de la logique.

On ne sait plus trop si Klipper filme la vraie vie ou la folie. Des faits réels et leur réinterprétation s’entremêlent. S’agit-il d’un drame familial ou d’une rencontre amoureuse ? L’appartement où l’action est confinée contribue à ce sentiment de folie. La caméra ne le quitte pratiquement pas et renforce le sentiment d’enfermement. On perd progressivement le sens de la réalité et on peine à situer l’action dans le temps. On retiendra la performance de Laurent Poitrenaux dans le rôle de Bruno : il rejoint la galerie des fameux loosers du cinéma français avec son interprétation borderline, hystérique et inquiétante d’un écrivain rêveur, angoissé et loufoque. La bande son électro pop, signée Franck Williams, accompagne brillamment cette ambiance un peu folle.

QOL

Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête, à découvrir dans les salles parisiennes et franciliennes dès le 23 mai.
Voir la filmographie d’Ilan Klipper.

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