Feu pour Feu : Chronique d’un échec sociétal

Sur la scène du théâtre de Belleville, la comédienne Fatima Soualhia-Manet se glisse dans la peau d’un exilé et évoque l’échec d’une politique migratoire.
Feu pour feu avec Fatima Soualhia-Manet © Guendalina Flamini
Feu pour feu avec Fatima Soualhia-Manet © Guendalina Flamini

Dans Feu pour Feu, sur la scène du théâtre de Belleville, la comédienne Fatima Soualhia-Manet se glisse dans la peau d’un exilé. Se dessine alors en filigrane l’échec d’une politique migratoire. Le parallèle avec la réalité s’impose.

Une fiction pour dire une réalité

Le spectacle raconte l’histoire d’un exil. Celui d’un homme qui fuit la Terre Noire venant d’être frappée par un massacre, pour rejoindre le Continent Blanc, une démocratie où l’on applique rigoureusement la loi du marché et où la culture est bientôt réduite à néant. On apprend les obstacles qu’un père et son enfant traversent ; et les rencontres qu’ils font alors qu’ils passent d’un espace fictif à l’autre.

Un chemin qui représente la crise migratoire que nous vivons actuellement et qui interroge notre société à travers ces personnages symbolisant deux générations. Et, malgré quelques lueurs, on est forcé de faire un constat d’échec. Une dure réalité qui peut être résumée par cet extrait : « Je n’ai jamais oublié que nous sommes ici non pour y être heureux mais parce que là-bas nous n’aurions tout simplement pas vécu. »

Entre réalisme et onirisme

Sur scène, la comédienne Fatima Soualhia-Manet est juchée sur un haut lit métallique. Ses propos sont illustrés par des images qui défilent sur un grand écran installé derrière elle. C’est donc une mise en scène à la fois réaliste et onirique qu’a imaginée Gerardo Maffei pour adapter sur les planches le court roman Feu pour Feu de Carole Zalberg. Une mise en scène qui reflète bien l’écriture de l’auteure, à la fois juste et concise (un texte de 72 pages).

Le spectacle Feu pour Feu est donc le fruit du travail d’un trio. On ne peut que lui reconnaître son efficacité. En sortant du théâtre, il paraît difficile pour les spectateurs de ne pas s’interroger sur sa condition de citoyen.

Feu pour feu à découvrir au Théâtre de Belleville jusqu’au 9 juillet 2017

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