Kong : Vertige de l’amour

Dans Kong, l’Amour avec un grand, écrit et mis en scène par Sotha au Café de la Gare situé rue du Temple, on parle romance et cinéma lors d’un tournage rocambolesque.
Kong © Philippe Rony
Kong © Philippe Rony

Une femme et un homme à l’haleine pas très fraîche se font une belle déclaration d’amour (« la peur et l’amour, c’est le même vertige »)… « Coupez ! On la refait. » Bienvenue sur le tournage de Kong, un énième remake de King Kong et dernière production de Maestro, un réalisateur d’un nouveau genre puisqu’il s’agit d’un robot (l’action est située dans le futur). Ce personnage – une voix off, née de l’imagination de Sotha, l’une des fondatrices du Café de la Gare – doit signer le film parfait.

Bunker

Entre deux raccords maquillage, histoire de « perdre quinze ans », les acteurs débattent sur la romance (« c’est quoi les marqueurs du grand amour ? »). L’ingénieur du son et le cadreur se joignent à eux et une conversation un peu foutraque et sympathique commence, où l’on n’hésite pas à jouer avec la langue française…

On se taquine sur les pléonasmes et on se lance dans des jeux de mots plus ou moins inspirés. Il est 17 heures passé, il est temps de faire un denier plan rapide, celui du baiser. Et là, un évènement inattendu vient tout bouleverser. Face au danger, la troupe trouve refuge dans un bunker.

Mythe

L’alcool aidant, l’équipe commence à se dire quelques vérités, sur sa sexualité notamment. Tout en parlant de ses problèmes personnels, chacun se met à théoriser plus ou moins judicieusement sur le cinéma et sur le théâtre, où « les auteurs n’ont plus rien à dire ».

Et si Maestro, la machine, était derrière tout ça et qu’il voulait que les comédiens mettent leur créativité à l’œuvre ? À charge pour eux d’user un peu de leur sensibilité pour réécrire l’histoire du film. Bref, le 7e art n’est pas mort. La troupe se met donc au travail et convoque la main de King Kong pour reproduire l’une des scènes iconiques de ce classique. Le mythe est alors bousculé avec un peu d’émotion, juste après un dialogue iconoclaste sur l’amour avec un grand A entre l’actrice principale et l’ingénieur du son. Une belle conclusion à une pièce qui part tous azimuts.

Magali Hamard, PM

Kong, l’amour avec un grand à découvrir jusqu’au 6 mars 2019 au Café de la Gare

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