Bacon en toutes lettres

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Centre Georges-Pompidou
Place Georges-Pompidou 75004 Paris 4e

Beaux-Arts

Sous-Rubrique : Beaux-Arts
Date de début : 11 septembre 2019
Date de fin : 20 janvier 2020
Programmation : Tous les jours (sauf mar) 11h-21h (fermet. caisses 1h avt), jeudi jsq 23h
Tarifs : entrée 15€, tarif réduit 12€ (réservation obligatoire sauf adhérents et gratuité : sur place, tph, Internet).

Galerie

Description

Le Centre Pompidou poursuit la relecture des œuvres majeures du XXe siècle et met en lumière le travail de Francis Bacon, plus de 20 ans après la dernière grande exposition française consacrée à l'artiste (au Centre Pompidou même). Le parcours met en lumière les créations réalisées durant les deux dernières décennies de son œuvre. Soixante tableaux, issus des plus importantes collections privées et publiques, sont ainsi à découvrir.  

L’exposition s'intéresse à l’importance de la littérature dans la peinture de Francis Bacon. Des extraits de textes puisés dans sa bibliothèque personnelle rythment ainsi le parcours. Mathieu Amalric, Jean-Marc Barr et Carlo Brandt lisent Eschyle, Nietzsche, Bataille, Leiris, Conrad et Eliot. Muses de l'artiste, ces auteurs forment également une « famille spirituelle » en laquelle s’est reconnu le peintre.

Zoom

Dans son exposition Bacon en toutes lettres, le Centre Pompidou, à deux pas des Halles, met en parallèle l’œuvre du peintre avec des manuscrits issus de sa bibliothèque personnelle.

Des échanges entre la plume et le pinceau

Né en 1909 à Dublin et décédé en 1992 à Madrid, le peintre Francis Bacon est considéré comme l’un des artistes majeurs du XXe siècle. Si ses premières œuvres lui assurent une certaine renommée, c’est véritablement après l’exposition organisée en 1971 au Grand Palais qu’il obtient une reconnaissance mondiale. Une date qui marque aussi un tournant dans sa peinture et dans sa réflexion artistique, marquée notamment par la mort de son compagnon, George Dyer.

Sa vie tourmentée alimente sa peinture, mais Francis Bacon va aussi chercher l’inspiration dans les arts, auprès de peintres comme Goya ou Picasso ou des réalisateurs, comme Buñuel ou Eisenstein. Mais c’est la littérature qui stimule le plus l’artiste, sans pour autant qu’il n’ait jamais envie de simplement « mettre en images » ses lectures.

Dans ses entretiens avec Michel Archimbaud, il s’exprime ainsi sur le sujet : « La peinture n’a rien à voir avec l’illustration, c’est en quelque sorte tout le contraire, un peu comme la décoration est aussi tout le contraire de la peinture. » Ce sont ces liens forts mais plus discrets entre les deux passions de Bacon que le Centre Pompidou tente d’explorer à travers son exposition.

Le livre au centre de l’œuvre

Les œuvres réunies par le Centre Pompidou ont toutes été créées dans les 20 dernières années de la vie de Bacon. Elles sont disposées dans six salles, elles-mêmes organisées autour d’un livre qui prend ainsi l’aspect d’un totem quasi mystique.

Parmi la bibliothèque riche de plus de 1 000 titres de Francis Bacon (dont des guides Michelin, des livres de cuisine provençale et des enquêtes sur la mort de Kennedy), six ont été sélectionnés pour donner vie à l’exposition : L’Orestie d’Eschyle, Humain, trop humain de Nietzsche, Poèmes de T. S. Eliot, L’Âge d’homme de Leiris, L’Expérience intérieure de Bataille et Au cœur des ténèbres de Conrad. Des extraits sont lus par de grandes voix comme celles de Mathieu Amalric ou Hippolyte Girardot.

Si les couleurs des peintures exposées, de l’orange vif au vert pâle, montrent que Bacon poursuit son ambition initiale de « peindre une œuvre immaculée », il faut remarquer l’influence littéraire, notamment le goût pour la tragédie grecque, avec la représentation du mythe de Prométhée et l’apparition des Euménides, déesses des remords chantées par Eschyle. Et il n’est pas difficile, en contemplant les peintures violentes de Bacon, parfois à la limite de l’abstraction, faites de corps martyrisés entourés de souillure, de mesurer l’impact sur l’artiste du voyage « au cœur des ténèbres » décrit par Conrad…

Centre Georges-Pompidou

Adresse : Place Georges-Pompidou 75004 Paris 4e
Métro : Rambuteau (11)
RER : Chatelet - Les Halles (A/B/D)
Réservation : 01.44.78.12.33
Site web : www.centrepompidou.fr

6 Avis

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Publié par Fab le 25 novembre 2019

L’exposition est très belle, la visite est agréable, ça m’a permis de découvrir les toiles en vrai mais c’est une peinture qui ne me touche pas, ce qui m’a le plus embêté, c’est de ne voir aucune évolution, ou très peu, un côté système qui me déplaît. Par contre j’ai été heureusement surpris par 2 œuvres, la dune et le robinet.

Publié par Jean-Philippe le 11 novembre 2019

Je n'ai pas été convaincu non plus par le dispositif de rapprochement avec la littérature.
Et comme d'habitude au Centre Pompidou, il s'agit plus d'un catalogue d'oeuvres que d'un parcours, le visiteur n'est guère accompagné ou interpellé par les commentaires.

Pour les oeuvres, je les trouve un peu systématiques et froides, avec cette inclusion géométrique et cette déformation esthétique idem répétées, seuls les portraits m'ont vraiment touché.
Dans cette veine morbide, je préfère largement Schiele, mais c'est une appréciation personnelle.
A voir tout de même.

Si vous y allez, pensez à passer au 1er voir les oeuvres du prix Duchamp, c'est intéressant.

Publié par Patrick le 7 novembre 2019

Exposition thématique oblige, une alternance de pièces d’écoute et de salles d’exposition classique est censée nous faire comprendre l’influence de certaines œuvres littéraires sur la peinture de Bacon, qui n’est déjà pas des plus faciles à appréhender. Pas certain que le pari soit complètement gagné.
C’est pour cela qu’il ne faut pas rater les extraits de documentaires en fin de parcours où l’artiste se livre sur son travail, et c’est beaucoup plus éclairant. D’ailleurs à cet endroit il aurait été sympathique de ne pas lésiner sur le nombre de places assises.
Reste les œuvres, et même si la période se limite pour la plupart aux vingt dernières années, certaines ont une force considérable.

Publié par Michaël le 8 octobre 2019

Presque 50 ans après l’exposition au Grand Palais, 20 ans après sa rétrospective à Pompidou, Bacon is back. Insaisissable, indomptable, animal féroce ou alien dans une démonstration torturée comme un taureau dans une arène, sur fond de crème anglaise aux parfums de bonbons acidulés oranges, roses, rouges, violets, Bacon fait son cirque dans une boucherie en tutu rose comme un ballet d’opéra rock et viscéral. Ces portraits ou autoportraits ne nous laissent pas indifférents. Le film en fin de parcours nous calme un peu avec ce grand peintre du XXeme siècle. Incontournable mais peu approchable pour le jeune public et les âmes sensibles.
Le Musée à l’École.

Publié par Ylan le 15 septembre 2019

Très belle expo. «c’est quand on aime la vie intensément qu’on est conscient de son caractère mortel » - Une vision singulière du monde.

Publié par Claudine le 12 septembre 2019

Superbe expo, très touchante ; peinture torturée mais très vivante et cinétique. A voir absolument.

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