Musées, Expositions Art contemporain Choix de la rédaction

Lieu : Nef - Grand Palais, Paris 8e
Date de début : 10 juin 2026
Date de fin : 26 juillet 2026

Programmation : Dates et horaires : cet évènement est désormais terminé
Fermetures : Lieu fermé le lundi, le 1 mai, le 14 juillet, le 25 décembre
Site web : www.grandpalais.fr

Présentation

Sous la verrière du Grand Palais, l’installation multimédia de Laure Prouvost mêle la vidéo, la sculpture, les odeurs, le son et la lumière. Cette œuvre monumentale est issue de deux années de recherches autour de la physique quantique, et a été pensée par l'artiste à travers cette question : « Que pourrait-on ressentir en percevant la réalité d’un point de vue quantique ? ».

Entre atomes et particules, Laure Prouvost a pensé son installation comme une échappée sensorielle à travers une réflexion autour de la physique quantique, invitant ainsi à remettre en question nos codes et structures habituels et à nous laisser porter par d’autres courants spatiaux et temporels. Pour réaliser ce projet, l’artiste a mené deux ans de recherches avec le philosophe Tobias Rees et le scientifique Hartmut Neven. Ayant eu accès à un puissant ordinateur quantique, elle a créé des images et des sons qui reflètent le caractère sensible et imprévisible de ces systèmes.

L'exposition Nous, frissons d’étoiles est référencée dans notre rubrique Art contemporain.

Derniers avis sur l'exposition : Nous, frissons d’étoiles

Avis publié par marty (72 critiques) le 5 juillet 2026

Au Grand Palais, Laure Prouvost convoque la physique quantique comme horizon conceptuel de son installation monumentale et immersive. Un immense voile tentaculaire de 48 mètres de haut enveloppe le visiteur et prétend donner forme à un monde où tout serait relation, vibration et métamorphose plutôt qu'objet stable. Au centre de cette structure, le public est invité à s'allonger quelques instants afin d'éprouver cette immersion promise, tandis qu'une vidéo volontairement énigmatique, accompagnée d'une bande sonore tout aussi mystérieuse, parachève le dispositif.
La référence à la physique quantique mérite pourtant d'être interrogée. Cette dernière introduit une part de probabilité dans la description des phénomènes, remettant en question l'intuition d'un univers entièrement déterministe.
Or c'est précisément cette incertitude qui semble absente du travail de Laure Prouvost. Car si son discours célèbre l'imprévisible, son œuvre apparaît, elle, comme le produit d'un déterminisme esthétique parfaitement conforme aux codes dominants de l'art contemporain. Tout y est : l'immersion spectaculaire, le recours à un vocabulaire scientifique convoqué davantage comme caution poétique que comme véritable objet de réflexion, l'hermétisme revendiqué comme signe de profondeur, et la participation du spectateur élevée au rang d'expérience.
La concomitance de trois événements artistiques en ce début d'été caniculaire renforce d'ailleurs cette impression. La sélection d'Alma Allen, la Caverne de JR et l'installation de Laure Prouvost, malgré leurs différences formelles, semblent converger vers une même logique. Chez Allen domine une esthétique du confort et de la douceur organique ; chez JR, une esthétique instrumentalisée à des fins publicitaires ; chez Prouvost, une esthétique de l'énigme et de l'indétermination. Trois propositions qui, chacune à leur manière, témoignent moins d'une singularité artistique que d'une remarquable adéquation avec l'esprit du temps.
Cette synchronie n'a sans doute rien de quantique. Elle révèle au contraire combien l'art demeure profondément déterminé par le nouveau paradigme de la post-vérité : un régime où les récits, les affects et les expériences tendent à primer sur la démonstration, où le flou est souvent valorisé au détriment de la précision, et où la profondeur se confond parfois avec l'indéchiffrable.

Coordonnées du lieu

Nef - Grand Palais

Adresse : Avenue Winston-Churchill 75008 Paris 8e

Transports

Métro : Champs-Élysées - Clemenceau (1 / 13), Franklin D. Roosevelt (1 / 9)
RER : Invalides (C)
Bus : Champs-Élysées - Clemenceau (42 / 73 / 93 / N11 / N24), Pont Alexandre III (63 / 93 / N01 / N02), Rond-Point des Champs-Élysées (28 / 42 / 73 / 80 / 93 / N11 / N24), Rond-Point des Champs-Élysées - Matignon (28 / 32 / 80 / 93 / N01), Palais de la Découverte (28 / 72 / 93 / N01 / N02), Pont des Invalides - Place de Finlande (28 / 63 / 93), Grand Palais (72 / 93)

Plan d'accès

Nef - Grand Palais - Paris 8e
Avenue Winston-Churchill

1 avis sur Nous, frissons d’étoiles

Avis publié par marty (72 critiques) le 5 juillet 2026

Au Grand Palais, Laure Prouvost convoque la physique quantique comme horizon conceptuel de son installation monumentale et immersive. Un immense voile tentaculaire de 48 mètres de haut enveloppe le visiteur et prétend donner forme à un monde où tout serait relation, vibration et métamorphose plutôt qu'objet stable. Au centre de cette structure, le public est invité à s'allonger quelques instants afin d'éprouver cette immersion promise, tandis qu'une vidéo volontairement énigmatique, accompagnée d'une bande sonore tout aussi mystérieuse, parachève le dispositif.
La référence à la physique quantique mérite pourtant d'être interrogée. Cette dernière introduit une part de probabilité dans la description des phénomènes, remettant en question l'intuition d'un univers entièrement déterministe.
Or c'est précisément cette incertitude qui semble absente du travail de Laure Prouvost. Car si son discours célèbre l'imprévisible, son œuvre apparaît, elle, comme le produit d'un déterminisme esthétique parfaitement conforme aux codes dominants de l'art contemporain. Tout y est : l'immersion spectaculaire, le recours à un vocabulaire scientifique convoqué davantage comme caution poétique que comme véritable objet de réflexion, l'hermétisme revendiqué comme signe de profondeur, et la participation du spectateur élevée au rang d'expérience.
La concomitance de trois événements artistiques en ce début d'été caniculaire renforce d'ailleurs cette impression. La sélection d'Alma Allen, la Caverne de JR et l'installation de Laure Prouvost, malgré leurs différences formelles, semblent converger vers une même logique. Chez Allen domine une esthétique du confort et de la douceur organique ; chez JR, une esthétique instrumentalisée à des fins publicitaires ; chez Prouvost, une esthétique de l'énigme et de l'indétermination. Trois propositions qui, chacune à leur manière, témoignent moins d'une singularité artistique que d'une remarquable adéquation avec l'esprit du temps.
Cette synchronie n'a sans doute rien de quantique. Elle révèle au contraire combien l'art demeure profondément déterminé par le nouveau paradigme de la post-vérité : un régime où les récits, les affects et les expériences tendent à primer sur la démonstration, où le flou est souvent valorisé au détriment de la précision, et où la profondeur se confond parfois avec l'indéchiffrable.

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