Orlando aux Bouffes du Nord : un compositeur très singulier
L’ensemble de la Tempête dirigé par Simon-Pierre Bestion revisite l’œuvre du compositeur flamand Orlando di Lasso dans un concert en forme de double portrait musical le 16 février au Théâtre des Bouffes du Nord.
Depuis la publication de sa fausse biographie par Virginia Woolf en 1928, la fascination demeure entière pour l’histoire d’Orlando, ce jeune noble anglais de la cour d’Élisabeth Ier qui traverse les siècles dans d’étonnantes aventures le voyant même changer de sexe. Dans le nouveau spectacle de La Tempête, celui-ci fait même écho à une figure portant le même prénom et au parcours tout autant insaisissable et rocambolesque : le compositeur Orlando di Lasso.
Un parcours à travers l’Europe
Né en 1532 à Mons, Orlando di Lasso s’illustre dans son enfance par sa voix exceptionnelle qui lui vaut d’être l’objet de plusieurs tentatives d’enlèvement. Envoyé en Italie, il devient, à seulement 21 ans, maître de la chapelle musicale de Saint-Jean-de-Latran à Rome, tout en étant aussi diplomate et espion au service de Charles Quint. Par la suite, il parcourt la France et l’Angleterre avant de s’établir à Anvers puis Munich, devenant un compositeur très reconnu, à l’œuvre importante et éclectique constituée de près de 2000 pièces en différentes langues, telles que des motets, des madrigaux italiens, des chansons françaises et des lieder allemands.
Une relecture faite d’anachronismes
L’ensemble de la Tempête s’attelle ainsi au « divin Orlande » (comme le surnommait Ronsard), avec un programme qui relit la diversité de son œuvre dans un dialogue entre les époques et vise à peindre le portrait de sa personnalité haute en couleur, aussi provocante et sulfureuse que mélancolique.
Depuis sa création en 2015 par Simon-Pierre Bestion, l’ensemble instrumental et vocal de la Tempête s’attache à revisiter le répertoire ancien en le mêlant à celui moderne et contemporain ainsi qu’aux autres arts à travers enregistrements et spectacles. Cette démarche se poursuit avec Orlando puisque ce concert intègre, outre la voix, autant des instruments d’époque – telle la viole de gambe – que le saxophone, la batterie et la guitare électrique, et convoque des références très variées incluant le groupe de rock Radiohead, le funk ou le jazz. C’est cet anachronisme assumé qui a guidé la volonté d’associer le compositeur au héros de Virginia Woolf, trouvant dans ces deux figures iconoclastes de quoi nourrir une réflexion toujours rafraîchissante.
→ Orlando aux Bouffes du Nord le 16 février 2026
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