[expo] Azzedine Alaïa et l’Afrique : Un continent de sensations
Une exposition à la fondation Azzedine Alaïa revient sur la relation très particulière qu’entretenait le styliste franco-tunisien avec son continent de naissance, entre fascination et souvenirs qui ont tant nourri ses créations.
Si Azzedine Alaïa a quitté son pays d’origine dès l’âge de 22 ans, en 1957, pour plonger dans le bain parisien de la mode, il n’en a pas moins gardé un fort lien avec la culture tunisienne et plus largement africaine. En témoigne la nouvelle exposition de la fondation qui lui est consacrée depuis 2018. Après être revenue sur des collections emblématiques ou bien des dialogues avec d’autres couturiers, tels Christian Dior et Cristóbal Balenciaga, l’institution installée dans les anciens ateliers du styliste, rue de la Verrerie dans le Marais, évoque cette relation à ses racines qui infuse toute son œuvre.
Des moucharabiehs aux momies
Toujours brillamment pensé par l’historien de la mode Olivier Saillard et sublimé par les peintures de l’Américain Kris Ruhs, le parcours donne à voir cette profonde inspiration grâce à près de 60 silhouettes issues de diverses collections d’Alaïa, s’animant aussi à travers des vidéos de différents défilés. Faites notamment de raphia, de cuir ou de coquillages, ces créations aux mille nuances de blanc, noir et sable revisitent des pièces classiques du vestiaire, telles que la saharienne, autant que les souvenirs personnels du styliste.
Ainsi du motif du moucharabieh qui s’invite sur une jupe ajourée dont la blancheur lumineuse rappelle également les murs enduits de chaux des maisons tunisiennes. Plus loin, un long gilet est brodé d’une calligraphie arabe tandis qu’un autre en mailles dorées semble digne d’un pharaon. Une influence de l’Égypte ancienne qui se confirme avec les fameuses robes bandelettes convoquant l’art de l’embaumement.
Le style masaï
La fondation Alaïa en profite pour retracer un séjour marquant en pays masaï, au Kenya, du couturier accompagné du photographe Peter Beard dans le cadre d’un reportage du magazine Elle en 1996. Aux clichés montrant l’élégance singulière des guerriers répondent plusieurs tenues inspirées par une fascination vivace pour ce mode de vie. Laquelle se perpétue tant par l’usage de diverses teintes sombres que par celui de motifs tribaux. Riches de multiples sensations, les créations d’Azzedine Alaïa invitent alors à suivre le fil de tout un continent.
Exposition Azzedine Alaïa et l'Afrique, à découvrir à la Fondation Azzedine Alaïa jusqu'au 4 janvier 2027
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