[expo] Animalia, le fabuleux bestiaire de la Collection Al Thani

Vue de l'exposition © The Al Thani Collection 2026. All rights reserved. Photographies par Marc Domage.

Cent vingt pièces, quatre mille ans d'histoire et un seul sujet : l'animal. À l'Hôtel de la Marine, la Collection Al Thani déploie des trésors dont beaucoup n'avaient jamais été montrés à Paris.

Pour son dixième accrochage, qui coïncide avec le cinquième anniversaire de son installation place de la Concorde, Amin Jaffer, directeur de la Collection Al Thani, a puisé dans les quelque 5 000 objets réunis par le cheikh Hamad bin Abdullah Al Thani un bestiaire de 120 pièces, du IIIe millénaire avant J.-C. au XXe siècle. Dans la pénombre de la première salle et de ses feuilles dorées qui tombent du ciel comme une pluie précieuse, sept objets tiennent le premier rôle, isolés comme des reliques. Parmi elles, une pièce de jeu en jaspe rouge gravée au nom de la reine Hatchepsout de l’Égypte antique, un souverain juché sur son éléphant taillé dans un unique bloc de cristal ou un cacatoès de calcédoine sorti des ateliers Fabergé.

Les chevaux, les lions et le pouvoir

Après cette mise en bouche quasi protocolaire, la galerie suivante est dédiée au cheval, image publique des souverains depuis des millénaires, avec notamment une minuscule jument de bronze laconienne offerte aux dieux vers 750 avant notre ère ou un poignard moghol à tête de cheval en jade datant du XVIIe siècle. Puis viennent les fauves, dont les élites de toutes les civilisations ont fait l'emblème de leur autorité, comme en témoigne la coupe à libation de Nabuchodonosor II ou ce splendide vase double en forme de lions dressés qui date du VIe siècle avant J.-C. Avant de passer aux créatures divines et fantastiques, on ne manque pas les dessins d'oiseaux réunis par Cassiano dal Pozzo (1588-1657) et les planches de l'Histoire naturelle de Buffon (1707-1788) qui marquent une étape dans l’admiration du règne animal qui devient un objet d'étude scientifique.

Aux frontières du fabuleux

La dernière partie du parcours explore les liens avec le sacré et enfin les créatures fantastiques. Thot en babouin, Sobek-Rê crocodile à tête de faucon, chaman olmèque saisi en pleine métamorphose de jaguar : partout l'animal sert d'intercesseur entre les hommes et leurs dieux. Puis surgissent des hybridations, centaures, griffons et autres monstres marins. Le parcours est dense, un conseil : approchez-vous. La plupart de ces pièces s'admirent de près pour en saisir le raffinement des détails, la précision du dessin et le geste pour le reproduire. Certaines étonnent d'autant plus qu'elles sont très anciennes.

Exposition Animalia, bestiaire de la Collection Al Thani à découvrir à l'Hôtel de la Marine jusqu'au 10 janvier 2027

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