[expo] De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat au château de Chantilly

Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait de Caroline Murat, reine de Naples, collection particulière © RMN-Grand Palais / Domaine de Chantilly – Michel Urtado

Le château de Chantilly revient sur l’étonnant parcours de la reine Caroline Murat, sœur de Napoléon Ier et mécène des arts entre la France et l’Italie, dans une exposition exceptionnelle d’une centaine d’œuvres.

Tout habillée de noir, elle fixe le spectateur. Derrière elle, un volcan crache sa fumée grisâtre. Pas de doute, nous sommes à Naples, là où Caroline Murat a régné en véritable souveraine des arts. Ce portrait réalisé en 1814 par nul autre qu'Ingres assoit plus que jamais son statut. Il est au cœur de l’exposition que consacre le château de Chantilly à la sœur bien-aimée de Napoléon Bonaparte, figure quelque peu oubliée mais pourtant très influente au cœur de l’Empire.

Le goût des œuvres

L’histoire débute à Paris, plus exactement au palais de l’Élysée où elle est installée avec son mari, le maréchal Joachim Murat. Le couple orne les lieux d’œuvres d’art et de mobiliers, à l’image du boudoir d’argent dans lequel Caroline est immortalisée par une aquarelle. Un tableau d’Élisabeth Vigée Le Brun la représente aussi avec une robe majestueuse en compagnie de sa fille Laetizia. Mais c’est à Naples, où le couple est envoyé pour régner en 1808, que se cristallise tout son attachement à l’art.

Reine des arts

Investissant le palais royal de Naples, Caroline Murat accroche de nombreux tableaux, tandis que, soutenant activement les fouilles à Pompéi et Herculanum, elle récupère de splendides statues et mosaïques antiques pour décorer ses appartements et même créer un musée personnel, dont témoignent là encore une aquarelle ainsi que des pièces lui ayant appartenu. La reine passe également commande auprès de divers artistes pour des effigies mais aussi des peintures d’histoire, à l’instar d’Ingres avec le délicat Paolo et Francesca ou du baron Gérard qui signe un chef-d’œuvre néoclassique, Les Trois Âges, ici présenté. Elle impose de cette manière ce paysage napolitain qu’elle aime tant, marqué par l’omniprésence fascinante du Vésuve et qui forme le sujet de plusieurs védutes d’Alexandre-Hyacinthe Dunouy et Joseph Rebell, tour à tour classiques et préfiguratrices du romantisme.

Abandonnées par Caroline Murat à la chute de l’Empire en 1815, ces œuvres ont été rachetées 40 ans plus tard par le duc d’Aumale, Henri d’Orléans, pour son musée Condé du château de Chantilly. Ainsi, cette exposition, qui bénéficie aussi de prêts prestigieux, permet de renouer le fil d’une histoire qui dessine le portrait d’une femme de pouvoir si singulière.

Exposition De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat, à découvrir au château de Chantilly jusqu'au 4 octobre 2026

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