[expo] Cezanne et nous : L'héritage du « père de l’art moderne »
Il est « notre père à tous », disait Picasso de Cezanne. Le Grand Palais présente une exposition inédite qui explore cette filiation symbolique et artistique ainsi que l’influence de son œuvre.
Coproduite par le GrandPalaisRmn, le Centre Pompidou et l’Établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing, l’exposition pensée par Claire Bernardi, Xavier Rey, Jean-Rémi Touzet et Michel Gauthier, met en dialogue 70 toiles de Cezanne (depuis 2010, ses descendants souhaitent que soit adoptée la forme sans accent du patronyme) et 75 d’autres artistes qui se revendiquent de ce maître en radicalité. Juste retour de la postérité pour celui que ses échecs lassants avaient fini par dégoûter d’exposer…
Portrait de famille
Tout commence avec les premiers adeptes, quand, dans les années 1880-1890, quelques peintres (au premier rang desquels Paul Gauguin et Émile Bernard) découvrent avec stupéfaction son œuvre dans la boutique du père Tanguy, marchand de couleurs montmartrois. L’exposition aborde ensuite les moments clés de la reconnaissance de l’artiste, soulignant l’importance du marchand Ambroise Vollard et des premières expositions que celui-ci lui consacra à l’aube du XXe siècle. Puis vient la reconnaissance par les avant-gardes des années 1910, jusqu’aux hommages des artistes contemporains, continuateurs autant dans la recherche, la forme que le fond.
Inépuisable beauté
L’œuvre de Cezanne est ainsi devenue une des matrices de l’art moderne occidental, continuant d’être considérée comme essentielle dans l’après-guerre par les acteurs européens et américains du renouveau de l’abstraction lyrique ou optique que par ceux de la peinture « hard edge ». Chacun son Cezanne, jusqu’au post-modernisme, qui questionne sa position mythique. Rejeté par les Beaux-arts dans sa jeunesse, boudé par les « imbéciles » qui, comme le disait l’artiste, « n’apprécient que le fini », Cezanne a ouvert la voie de l’inachèvement et fait école en maître ignorant, allergique aux chapelles dans lesquelles, pourtant, flotte un peu partout son esprit. On n’en finit pas d’achever l’œuvre de Cezanne ; on continue de puiser en elle comme à la source de la grâce.
Exposition Cezanne et nous, à découvrir au Grand Palais jusqu'au 17 janvier 2027
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