[expo] Leonora Carrington : La femme de Vitruve
Le Musée du Luxembourg présente jusqu’au 19 juillet la première exposition française d’envergure consacrée à la vie et l’œuvre de Leonora Carrington (1917-2011), alchimiste surréaliste et visionnaire ésotérique. Une découverte !
Entre les songes de Dalí et les cauchemars goguenards de Jérôme Bosch, chemine l’œuvre de celle que Marx Ernst surnommait « la Mariée du Vent », belle et rebelle (comme en attestent les sublimes photographies par Lee Miller des deux amants en leur œuvre-maison de Saint-Martin-d’Ardèche), fumeuse aérienne et incendiaire des taxons qui séparent l’homme et l’animal, la raison et l’inconscient, le réel et l’imaginaire. L’artiste est présentée par les curateurs de l’exposition, Tere Arcq et Carlos Martín, comme une « femme de Vitruve », pour reprendre l’expression par laquelle Léonard de Vinci désignait, au masculin, un modèle d’innovation et d’harmonie.
Folle en sa nef
Figure culte au Mexique, où elle acheva sa vie pérégrine, Leonora Carrington a traversé le XXe siècle et fait voyager son génie de son Lancashire natal à Florence, Paris, le sud de la France, l’Espagne et New York jusqu’à sa dernière terre d’asile, où elle est honorée au même titre que Frida Kahlo et Remedios Varo. « Féministe et écologiste d’avant-garde, femme, mère, migrante, touchée par la maladie mentale, victime de la psychiatrie et chercheuse spirituelle en constante évolution, Leonora Carrington laisse un héritage aussi extraordinaire que radical. » disent les commissaires de cette exposition monographique organisée par le GrandPalaisRmn et MondoMostre.
Sorcière en son chaudron
La belle scénographie de Véronique Dollfus joue de l’oblique, des percées et des perspectives pour dessiner un parcours sans ruptures ni frontières, à l’image de cette œuvre vagabonde. Photographies et projections audiovisuelles ponctuent le parcours, offrant de découvrir le magnétisme fascinant de la parole de l’artiste entre les visions qu’elle inscrit autant sur la toile que sur les meubles. L’originalité sert de guide au visiteur, des œuvres de la prime jeunesse, au trait sûr et à l’imagination foisonnante, jusqu’aux œuvres de la maturité, dont son mécène, Edward James, disait qu’elles semblaient s’être « matérialisées dans un chaudron sur le coup de minuit ».
Exposition Leonora Carrington au Musée du Luxembourg, à découvrir jusqu'au 19 juillet 2026
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