[expo] Matisse 1941-1954 au Grand Palais : Création sans limite
Au Grand Palais, une exposition coproduite avec le Centre Pompidou revient sur la dernière période d’Henri Matisse, de 1941 jusqu’à sa mort en 1954, tandis qu’il se réinvente dans une explosion de couleurs, de formes et de techniques.
Feuilles, algues, oiseaux… : des motifs de toutes sortes, inspirés principalement de la nature, remplissent les murs de la chambre de Matisse dans sa villa de Vence. Découpés aux ciseaux à même le papier couvert de gouache, ceux-ci sont au cœur de la création du maître dans ses dernières années. L’exposition au Grand Palais consacrée à cette période est de la même manière un étourdissant déploiement de couleurs et de formes à travers 300 œuvres, provenant autant des collections du Centre Pompidou que de nombreux musées internationaux.
Papiers découpés
Le parcours swingue avec le mythique album Jazz que Matisse élabore en utilisant pour la première fois ses papiers découpés, ici dévoilé à travers ses maquettes originales accompagnées d’une création musicale de Claudia Jane Scroccaro. Un projet qui éclaire une forte production éditoriale marquée par de nombreuses illustrations et conceptions de couvertures pour des livres. Les papiers gouachés découpés font aussi l’objet de grands formats, à l’image du diptyque bleuté Polynésie, de la spirale de L’Escargot, de La Gerbe avec ses feuilles colorées ou de l’éclatant La Tristesse du roi.
Une riche pratique
Ne se contentant pas seulement de cette technique si emblématique, l’exposition montre la grande diversité de techniques employées par l’artiste à la fin de sa vie. Le dessin, qu’il pratique tant à la suite d’une lourde opération subie en 1941, est aussi essentiel comme en témoignent de nombreux exemples au fusain ou à l’encre : visages ou nus mais aussi carnets et feuilles qu’il noircit sans relâche d’arabesques, de lettrines et autres croquis. Tandis que les sublimes tableaux de la série Intérieurs de Vence démontrent qu’il n’en oublie pas pour autant la peinture, trouvant alors sa plus puissante expression.
Matisse s’attelle également à la fin des années 1940 à un projet d’œuvre d’art total : la chapelle de Vence pour laquelle il réalise vitraux et chasubles, dont des maquettes dévoilent la création. Enfin, c’est par une autre œuvre marquante que s’achève l’accrochage, les quatre Nus bleus créés en 1952 à partir de papiers découpés. Des merveilles d’élégance et de simplicité qui illustrent toute la force d’un artiste qui n’aura eu de cesse de repenser sa pratique.
Exposition Matisse, 1941–1954 à découvrir au Grand Palais jusqu'au 26 juillet 2026
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