[expo] Paul Poiret au musée des Arts décoratifs : Un style haut en couleur
Avec « Paul Poiret, la mode est une fête », le musée des Arts décoratifs fait la lumière, en plus de 500 pièces, sur un créateur à l’univers fantaisiste et foisonnant qui a inspiré des générations de couturiers.
Au début du siècle dernier, le nom de Paul Poiret fut synonyme d’une révolution. Celui qui a libéré les femmes de leur corset s’est aussi employé à faire naître un style inventif et moderne. Le musée des Arts décoratifs rend hommage à son héritage considérable dans une exposition qui entend dresser un portrait de ce créateur fantasque aux multiples facettes, le tout servi par une scénographie flamboyante et colorée.
Un artiste de la mode
Tandis qu’une série de films d’archives introduisent à l’univers de Paul Poiret – de son atelier à ses fameuses fêtes en passant par sa femme et muse Denise –, les créations audacieuses de sa maison de couture, fondée en 1903, ne tardent pas à émerveiller. Collectionneur, Poiret s’entoure aussi de jeunes artistes avec qui il collabore, comme en témoignent les belles planches promouvant ses robes et réalisées par les dessinateurs Paul Iribe et Georges Lepape, les boutons en céramique colorés du peintre Maurice de Vlaminck, ou encore les motifs pensés par Raoul Dufy, notamment pour un majestueux manteau en velours.
Le sens du spectacle
Aspirant à un art total, amateur de théâtre et de danse, Poiret imagine des robes pleines de fantaisie, qui habillent les actrices et danseuses. Les voyages sont un autre source d’inspiration : permettant de faire connaître ses créations dans le monde entier, ils nourrissent également un répertoire de motifs et de modèles, empruntant entre autres au kimono japonais, aux vêtements régionalistes ou aux éléments décoratifs perses, que le styliste entremêle et réinterprète. Plus loin, ce sont les imaginaires des bacchantes antiques ou des Mille et Une Nuits qui sont convoqués à travers les tenues créées pour les fêtes mémorables qu’il se plaît à organiser.
Premier couturier à produire des parfums (que l’on peut sentir ici), Poiret investit de la même manière les arts décoratifs, peint à ses heures perdues et publie un livre de recettes. Nombreux sont alors ceux à s’être inscrits dans la continuité de ce créateur infatigable ; la dernière section du parcours rassemble ainsi des silhouettes d’Elsa Schiaparelli, Christian Dior ou encore de Jean-Paul Gaultier, Issey Miyake et John Galliano. Un siècle plus tard, le style Poiret est toujours bien vivant !
Exposition Paul Poiret, La mode est une fête, à découvrir au musée des Arts décoratifs jusqu'au 11 janvier 2026
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