[expo] Robert Capa : Une vie sur tous les fronts

Robert Capa, Membres de la résistance accroupis derrière un camion pendant la Libération, Paris, France, 25 août 1944. Crédit Robert Capa, International Center of Photography, Magnum Photos.

Le musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin (14e) retrace dans une exposition le parcours de Robert Capa, figure essentielle du photojournalisme qui a posé son regard sur les grands conflits du XXe siècle.

Véritable incarnation de la photographie de guerre, Robert Capa a marqué son medium en couvrant tous les fronts à la recherche de l’image à même de raconter la réalité des combats et la vie quotidienne en temps de conflit. Disparu il y a plus de 70 ans durant la guerre d’Indochine, le photographe est à l’honneur dans une exposition qui revient sur son travail autant qu’elle interroge le mythe persistant qui l’entoure.

L’expérience espagnole

Car Robert Capa est d’abord une pure invention. Endre Friedmann – son nom lorsqu’il naît à Budapest en 1913 – souhaite s’engager et raconter le monde. Après des études de journalisme avortées à Berlin, cet humaniste de gauche convaincu commence à réaliser ses premiers reportages photographiques, saisissant notamment Léon Trotski à Copenhague en 1932. La rencontre avec la photographe allemande Gerda Taro à Paris va se révéler déterminante. Il part en 1936 en sa compagnie en Espagne et se réinvente sous le nom de Robert Capa, commençant ainsi à écrire sa légende. Plusieurs clichés, dont le plus fameux Mort d’un milicien loyaliste, témoignent des combats entre les républicains et les rebelles franquistes, mais aussi de la situation des populations confrontées aux bombardements ou choisissant l’exil.

Au cœur du Débarquement

Exposant son fidèle Leica, ses planches-contacts ou encore les magazines dans lesquels ont été publiés ses reportages, l’accrochage éclaire aussi la véritable histoire de la dizaine de clichés légèrement flous que Capa a pris lors du débarquement à Omaha Beach. C’est ensuite fin août 1944 qu’on le retrouve lors de la Libération de Paris, à travers des archives inédites montrant le photographe armé de son appareil, en pleine action pour capter les derniers affrontements des résistants contre les nazis.

Cofondateur de la célèbre agence Magnum au sortir du conflit mondial, Robert Capa s’essaie à la photographie de mode et immortalise Pablo Picasso ou Ingrid Bergman. Mais il n’oublie pas non plus d’être au plus près de l’histoire en train de s’écrire en suivant l’arrivée des milliers d’immigrés juifs dans le nouvel État d’Israël. Envoyé en 1954 en Indochine, le photographe meurt à 40 ans dans l’explosion d’une mine, voyant son destin définitivement lié aux dangers de la guerre.

Exposition Robert Capa, photographe de guerre à découvrir au Musée de la Libération de Paris - Musée du Général Leclerc - Musée Jean Moulin jusqu'au 20 décembre 2026

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