Célia Oneto Bensaid réhabilite quatre compositrices aux Invalides
Au musée de l'Armée, la musique prend un accent résolument féminin avec le cycle « À armes égales ? ». Le 6 novembre, c’est au tour de la pianiste Célia Oneto Bensaid de célébrer quatre compositrices du XIXᵉ siècle, trop longtemps invisibilisées, aux côtés de l’Orchestre symphonique de la Garde républicaine.
Pianiste au jeu précis et aux choix de répertoire audacieux, Célia Oneto Bensaid défend depuis plusieurs années un engagement artistique clair : remettre en lumière les compositrices injustement oubliées. Non pas par effet de mode, mais parce que leur langage musical mérite d’être entendu. Cette soirée illustre à merveille cet engagement.
Une autre sensibilité
Le parcours musical s’ouvre avec Marie Jaëll, figure singulière du romantisme, dont la pianiste interprète trois Pièces de Dante. Des compositions à la fois intérieures et tendues, qu’elle défend avec une fluidité narrative qui en révèle la profondeur. Elle enchaîne avec Clara Schumann, trop souvent réduite à son rôle d’interprète, et son Concerto en la mineur, œuvre rare en concert, dont elle souligne la vitalité rythmique sans en gommer l’élégance. Bastien Stil, à la tête de l’Orchestre symphonique de la Garde républicaine, accompagne avec souplesse ce dialogue entre piano et orchestre, trouvant un équilibre juste dans l’acoustique généreuse de la nef.
Une puissance orchestrale
Le programme englobe également l’Ouverture n°1 en mi mineur de Louise Farrenc, partition énergique qui rappelle combien la compositrice fut une voix majeure de son temps, tout en restant longtemps reléguée au second plan. En final, la Symphonie Roland furieux d’Augusta Holmès donne une dimension plus orchestrale à la soirée. Avec son sens du lyrisme et de la couleur, elle démontre que l’ampleur symphonique n’a pas seulement été l’apanage des hommes dans l’histoire musicale. Célia Oneto Bensaid ne juxtapose pas des noms pour satisfaire une tendance : elle construit un véritable parcours d’écoute. Portée par une direction solide et un orchestre sensible aux nuances, cette soirée rend aux compositrices leur place naturelle dans le répertoire.
→ Elles composent... dans la Cathédrale Saint-Louis des Invalides le 6 novembre 2025
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