[expo] Eva Gonzalès, parcours d'une artiste libre : Ce que vivent les roses…
En collaboration avec le Van Gogh Museum d’Amsterdam, le Petit Palais présente une monographie inédite d’Eva Gonzalès, satellite délicat de la galaxie impressionniste.
Avec Berthe Morisot et Mary Cassatt, dont l’exposition du Petit Palais présente quelques œuvres en fin de parcours (avec celles de Marie Bracquemond), Eva Gonzalès est une des trois femmes ayant participé aux débuts de l’impressionnisme. Si les deux premières, plus audacieuses et rebelles, échappèrent à l’influence de l’écrasant Manet, Eva Gonzalès, sa seule élève, lui demeura fidèle jusque dans la tombe, au point de mourir prématurément à 36 ans, quelques jours après lui. Malgré l’estime de ses contemporains et son désir de reconnaissance, Eva Gonzalès tomba progressivement dans l’oubli. Les commissaires Annick Lemoine, Stéphanie Cantarutti et Fleur Roos Rosa de Carvalho l’exhument aujourd’hui.
Douceur pastel
Née dans une famille de la grande bourgeoisie intellectuelle, enchaînée au piano trois heures par jour, docile comme les fillettes à la nonchalance empesée qu’elle représente dans La Fenêtre, corsetée et discrète comme les femmes qu’elle peint et dont les corps ne s’alanguissent que dans les draps du Réveil (sans doute la plus belle toile de l’exposition), Eva Gonzalès est morte trop tôt pour véritablement s’affranchir de l’académisme. La matinée, les robes et les souliers sont roses ; nounous, servantes et mariées ont l’air doux : l’œuvre de la jeune artiste renseigne de manière presque cruelle sur le joug social imposé aux femmes de son temps.
Couple d’artistes
L’exposition vise à montrer le talent d’Eva Gonzalès en lui-même, en ne le définissant plus par rapport aux hommes qui encadrèrent sa vie. Surprise inattendue, il en est pourtant un qu’on découvre à l’occasion de cette rétrospective et qui y brille, non seulement par les lettres pétillantes et tendres qu’il échangea avec sa femme, mais surtout parce que son talent de graveur et ses magnifiques Corbeaux attestent que si Eva Gonzalès mérite d’être tirée de l’oubli, il en va tout autant pour Henri Guérard : il y a plus inconnu que le soldat Gonzalès, c’est son mari ! L’un et l’autre sont à découvrir au Petit Palais !
Exposition Eva Gonzalès au musée du Petit Palais, à découvrir jusqu'au 24 janvier 2027
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