[expo] L’économie décryptée par Astérix
Citéco — La Cité de l'Économie fait des bulles avec « L'économie selon Astérix ». Une exposition pédagogique à voir en famille, pour tout comprendre sur l’économie d’aujourd’hui grâce aux irréductibles Gaulois, jusqu’au 26 février 2024.
Nul besoin d’avaler de la potion magique pour appréhender le fonctionnement de notre système économique. Grâce aux aventures d’Astérix et Obélix, créés en 1959 par René Goscinny et Albert Uderzo, Citéco - La Cité de l'Économie, le premier musée dédié à l’économie, niché depuis 2019 dans l’ancien siège de la Banque de France, métamorphose ce sujet de prime abord rébarbatif en exposition ludique.
En neuf chapitres, le parcours décline neuf concepts fondamentaux de l’économie contemporaine, vus à travers le prisme du monde antique. Une planche de BD est mise en avant, associée à un « décryptage éco », un focus personnage et une pastille « Le sais-tu ? ». On y apprend que l’organisation sociale du village gaulois révèle l’importance des échanges commerciaux par les métiers des personnages, forgeron ou poissonnier. Que la monnaie, déjà, était nécessaire – le menhir pour Obélix, le sesterce pour les autres ! Que l’argent s’inscrit dans une dimension politique, l’impôt conférant le pouvoir à César. On débusque dans les cases le système de l’offre et la demande, l’importance des « voies romaines » et même le sponsoring dans les JO.
Interactivité
Non seulement cette exposition déboulonne quelques fameux adages économiques en s’appuyant sur son contre-emploi dans les albums de nos héros à moustaches, mais en plus, elle les détourne en dispositifs interactifs pour impliquer les enfants. Par exemple, « l’argent n’a pas d’odeur » devient un atelier olfactif où il convient d’associer les odeurs du village, comme le foin ou le cuir, à leur représentation. Plus loin, on enfile son casque à tresses, on dessine, et on joue.
Face obscure
Si l’exposition vante d’une manière générale la droiture fiscale, avec le chapitre VIII (en chiffre romains, s’il vous plait), on entre de plein fouet dans le chaos de l’économie souterraine. L’histoire d'Astérix chez les helvètes - saluée par une lettre de Georges Pompidou, à l’origine de l’idée de cet album, raille l’attitude des banques suisses face la fraude fiscale et la magistrature corrompue. Le Devin parle d’escroquerie, La Serpe d’or d’hommes politiques véreux, Astérix et le chaudron aborde l’existence de paradis fiscaux. La récurrence des pirates, au-delà du comique de répétition, montre que l’insécurité constante des routes maritimes, alors en dehors de toute juridiction, permet l’alimentation d’une économie criminelle parallèle. Du moins, sans compter, comme on le sait, sur l’intervention des « Gau... des gaugau... des Gaulois !!!!! ».
Exposition L'économie selon Astérix à Citéco, à découvrir jusqu'au 26 février 2024
Partager cet article sur :
Nos derniers articles
Avec « My Name is Orson Welles », la Cinémathèque française revient dans une exposition sur l’œuvre immense du réalisateur de Citizen Kane pour explorer la construction d’un mythe et ses grandes obsessions.
Installée désormais au Palais-Royal, la Fondation Cartier pour l’art contemporain dévoile un bâtiment haussmannien entièrement repensé par Jean Nouvel. Avec Exposition Générale, elle relit quatre décennies de création et pose les bases de sa nouvelle ère.
Tableaux, maquettes, costumes, manuscrits et légendes font revivre, jusqu’au 15 février 2026, un siècle et demi d’art et de mystères, d’un lieu devenu symbole de la capitale.
Le musée de l'Orangerie accueille l'étape française d'une remarquable exposition consacrée à Berthe Weill, galeriste d'avant-garde injustement tombée dans l'oubli. Passionnante réhabilitation !





