[expo] Théodore Rousseau au Petit Palais : Parmi les arbres

Groupe de chênes, Apremont (forêt de Fontainebleau). Photo © RMN Grand Palais (Musée du Louvre) - Angèle Dequier

Le Petit Palais consacre une exposition au peintre français du XIXe siècle, amoureux des arbres et de la nature. Une œuvre précurseure à redécouvrir.

Faire une promenade en forêt en plein cœur de Paris… C’est possible au Petit Palais avec une exposition qui nous reconnecte à la nature. Peintre précurseur de l’impressionnisme comme de l’écologisme, Théodore Rousseau (1812-1867) est redécouvert grâce à l’institution parisienne. Sa directrice, Annick Lemoine, veut montrer la grande modernité de l’artiste, tant esthétique que par son rapport à son environnement. « La nature est le refuge de Théodore Rousseau, et aussi son combat », précise-t-elle.

Le sentiment de la nature

Refusant le traditionnel voyage à Rome, le jeune Théodore Rousseau préfère plutôt passer six mois en Auvergne, point de départ de nombreuses pérégrinations à venir dans le reste de la France. Avec ses immenses paysages, qu’il sillonne du Jura aux Pyrénées, des Landes à la forêt de L’Isle Adam en passant par le Berry, travaillant en plein air, c’est le cheminement du peintre qui se dévoile, des études et esquisses aux grands formats. « Grand refusé » du Salon, il est à contre-courant des pratiques de son temps. « Il cherche à exprimer son sentiment de la nature », raconte la commissaire Servane Dargnies-de Vitry, soulignant le souhait de l’artiste de « faire participer le public à la nature pour être en empathie avec elle ».

Initiateur de l’engouement artistique pour le village de Barbizon, Théodore Rousseau s’installe dans la forêt de Fontainebleau où il passe ses journées, étudiant les effets de lumière et la végétation. L’exposition plonge alors dans la forêt avec lui mais aussi ses compagnons de Barbizon : des peintres, comme son grand ami Jean-François Millet, ou les photographes Gustave Le Gray et Eugène Cuvelier.

Dialogue avec les arbres

« Si je parviens, par l’assimilation de l’air et de la lumière, à donner la vie générique à ce monde de la végétation, alors vous y entendrez les arbres gémir », expliquait Théodore Rousseau. Celui qui disait entendre la voix des arbres a fait le portrait de nombre d’entre eux. Ses majestueuses œuvres témoignent de son souci de l’observation minutieuse de chacun des détails de la structure des chênes et autres hêtres. Son combat pour protéger ces arbres de la destruction parachève son œuvre comme l’exposition qui retrace la création, à travers l’initiative du peintre, de la première réserve artistique pour la forêt de Fontainebleau. Au loin, on entendrait presque encore les arbres lui dire merci.

Exposition Théodore Rousseau, La voix de la forêt, à découvrir au Petit Palais jusqu'au 7 juillet 2024

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