[expo] Le romantisme retrouve sa maison
Après 17 mois de travaux, le musée de la Vie romantique rouvre la demeure d’Ary Scheffer avec un parcours repensé et une exposition inaugurale consacrée aux ciels tourmentés du peintre Paul Huet (1803-1869).
Pour la première fois depuis son ouverture au public, la maison a fait l'objet d'une rénovation d'ampleur, menée par Basalt Architecture et l'atelier àkiko Designers. Le lieu n'est pas reconstitué à l'identique car il n'en subsiste pas de mémoire domestique. Il s'agit plutôt de prolonger le décor imaginé par Jacques Garcia dans les années 1980 et d'évoquer une atmosphère bourgeoise, celle d'un artiste, célèbre en son temps, portraitiste recherché, qui fit de sa maison un véritable foyer artistique et intellectuel.
Une nouvelle scénographie
Dès l'allée, trois stèles donnent le ton : elles replacent la maison dans son histoire et esquissent les contours du romantisme. La visite commence par le parcours permanent, dans une demeure rendue à ses teintes d'origine – façade beige, volets bruns –, comme un retour en 1830. Ary Scheffer, qui demeura locataire toute sa vie avant que sa fille n'acquière les lieux, avait fait édifier deux ateliers : l'un pour peindre, l'autre pour recevoir. C'est dans ce dernier qu'il invitait tous les vendredis soirs nombre d'artistes, intellectuels et politiciens de la Nouvelle Athènes et d'ailleurs, parmi lesquels George Sand, Chopin, Eugène Delacroix, Ivan Tourgueniev ou encore la cantatrice Pauline Viardot.
Témoignant de cette effervescence, 300 œuvres sont exposées dans un parcours clarifié qui revendique la « fraternité des arts » : peinture, musique et littérature dialoguent sans frontières. À l'étage, les grands thèmes du romantisme structurent la déambulation : peindre la nature, l'exaltation des sentiments, l'inspiration littéraire et l'imaginaire fantastique. Des écrans tactiles et un parcours enfant rendent l'ensemble plus fluide.
Paul Huet, météorologue de l'âme
L'exposition temporaire Face au ciel, Paul Huet en son temps remet en lumière le peintre paysagiste méconnu aujourd'hui, et pourtant très réputé à son époque, souvent qualifié de « Turner français », une influence revendiquée tout comme celle d'un autre maître anglais, Constable. Ombres lourdes, ciels orageux, météorologies instables : chez lui, l'atmosphère devient sujet, ses nuages ne décorent pas, ils expriment le sentiment. Ses œuvres dialoguent ici avec celles de ses contemporains – Corot, Delacroix, Rousseau ou Boudin – rappelant que le romantisme n'est pas qu'un élan lyrique, mais une révolution du regard. Des ciels instables qui annoncent déjà les frémissements de l'impressionnisme.
Musée de la Vie romantique : réouverture depuis le 14 février 2026
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