[expo] À l’orée de la Renaissance, au musée de Cluny

© Rémi Jaouen, musée de Cluny – musée national du Moyen Âge

Le Musée national du Moyen Âge revisite le règne sous-estimé de Charles VII pour y découvrir les éléments précurseurs de la Renaissance. L'exposition « Les Arts en France sous Charles VII (1422-1461) » est ouverte à la visite jusqu'au 16 juin 2024.

Reconquête

Un roi détrôné au profit du souverain anglais, la guerre de Cent Ans qui n’en finit pas : on a rapidement tendance à réduire le règne de Charles VII aux plaies du passage des troupes, à la misère endémique et à une succession de famines. Et pourtant, c’est une tout autre histoire que nous narre le musée de Cluny. Celle d’un monarque, sa couronne recouvrée en 1429, en reconquête de son pouvoir politique, économique et artistique.

Les arts, sujets de cette exposition, puisent dans la diversité des territoires sur lesquels le monarque s'appuie, que ce soit la Bretagne, la Normandie ou la puissante Bourgogne. En filigrane, nous sommes confrontés à une question : assistons-nous à la naissance de la Renaissance ? Une idée séduisante, fondée sur l’amorce de la fusion des arts et des techniques entre le nord et le sud, qui préfigure celle qui naîtra quelques décennies plus tard, à la fin du XVe siècle, marquant la fin du style gothique.

Pleurants, gisants, vitraux, bréviaires et chroniques enluminés, provenant de Lyon, d’Angers, du Bourbonnais et de Champagne, montrent, derrière l’art religieux ou de commande, l’influence de l’art antique redécouvert en Italie, croisée à celle du réalisme flamant des héritiers de Van Eyck.

Charles VII, un soleil à douze branches

Le roi, dit « le bien servi », occupe ici une place centrale, notamment à travers deux œuvres majeures. La première, son portrait du musée du Louvre par Jean Fouquet, vers 1450-1455, l'un des plus anciens portraits peints en Occident, se trouve placé non loin d’une reproduction du portrait de sa célèbre maîtresse, Agnès Sorel, représentée quant à elle sous les traits de la Vierge à l’enfant, dans le fameux tableau appelé La Vierge de Melun.

La deuxième, une pièce rare et spectaculaire : le dais de Charles VII. Ou plus exactement le dosseret, la partie verticale du dais, qui se trouve dans un état de conservation remarquable, ayant été découvert chez des particuliers en 2008. Le roi y figure sous la forme d’un soleil d’or à douze branches, autour duquel deux anges soutiennent une couronne. Le dais était placé derrière le monarque tenant conseil ou rendant justice. Le symbole christique du soleil et la dimension divine des anges étaient destinés à renforcer son autorité politique terrestre, ils irradient aujourd’hui Cluny.

Exposition Les arts en France sous Charles VII (1422-1461), à découvrir au Musée de Cluny jusqu'au 16 juin 2024

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