[expo] Apocalypse, hier et demain : Une révélation !
La Bibliothèque nationale de France présente une remarquable exposition consacrée à l’apocalypse : très belle scénographie, commentaires passionnants et œuvres éclatantes. Magnificat !
Dans un monde scellé et indéchiffrable, où nous ne comprenons rien de ce qui s’annonce et pas grand chose de ce qui s’est passé, les artistes peuvent nous aider à élucider, voire à supporter, les affres de notre condition. En notre époque où millénaristes de toute farine s’en donnent à cœur joie pour prophétiser la catastrophe, on oublie qu’apocalypse signifie révélation et dévoilement : l’espoir s’étiole puisque Dieu est mort. Pourtant, après l’ouverture des sceaux, la chevauchée fantastique des Cavaliers, la Femme céleste et la Grande Prostituée, surgira le royaume intemporel promis par Jean le visionnaire.
La beauté de l’effroi
L’exposition, pensée par François Angelier, Charlotte Denoël et Lucie Mailland, sous la coordination de Jeanne Brun et Pauline Créteur, passe en revue ce thème, du Moyen Âge jusqu’à nos jours. En commençant par une plongée dans le Livre de la Révélation, on traverse les imaginaires. Les explications, de l’ouverture des sceaux au Jugement dernier, sont passionnantes : le travail de vulgarisation scientifique et esthétique réalisé par les commissaires de l’exposition est à saluer ! Les manuscrits enluminés aux couleurs éclatantes et aux illustrations chatoyantes, les peintures, les sculptures, les dessins, les tapisseries : tout témoigne de la fécondité du motif et du talent des artistes.
Fiat lux !
La seconde partie de l’exposition, intitulée « Le Temps des catastrophes », donne à voir la fortune artistique de l’apocalypse, de Dürer à Duras, et accorde une place de choix au « Jour d’après », qui interroge la possibilité de dépasser le chaos promis par les cieux ou provoqué par les hommes. Le bonheur de retrouver Henri Michaux, Otto Dix, Chris Marker, Odilon Redon, William Blake, parmi un fonds foisonnant et splendide, n’a d’égal que la satisfaction de comprendre la pérennité des mythes qui alimentent nos représentations. Mémoire du futur ou mémoire de nos angoisses, cette exposition nous rappelle que tout reste à construire dans la lumière de l’intelligence.
Exposition Apocalypse à la BnF - site François-Mitterrand, à découvrir jusqu'au 8 juin 2025
Partager cet article sur :
Nos derniers articles
Au Mémorial de la Shoah, Simone Veil. Mes sœurs et moi déplace le regard. Loin de la figure institutionnelle, l’exposition explore une fratrie, ses silences et ses failles. Une plongée sensible, politique sans en avoir l’air.
Le musée des Arts décoratifs reconstitue, du lever au coucher, la vie d’une demeure aristocratique des années 1780. Plus de 550 pièces, certaines rarement montrées, composent un portrait précis d’une époque et d’une classe sociale.
Après 17 mois de travaux, le musée de la Vie romantique rouvre la demeure d’Ary Scheffer avec un parcours repensé et une exposition inaugurale consacrée aux ciels tourmentés du peintre Paul Huet (1803-1869).
Deux mois après sa disparition, Martin Parr est à l’honneur au Jeu de Paume dans Global Warning. Une exposition qui démontre en 180 images toute la pertinence du regard acéré du photographe britannique.





