[expo] Quand la couture se transmet : De Dior à Alaïa
À la Galerie Dior et à la Fondation Azzedine Alaïa, une double exposition révèle une facette essentielle du créateur tunisien : celle d’un collectionneur passionné, animé par une admiration profonde pour Christian Dior.
À travers une sélection exceptionnelle de silhouettes, c’est une histoire de transmission, d’architecture du vêtement et de regard de couturier qui se déploie.
Arrivé à Paris en 1956, Azzedine Alaïa découvre très tôt l’univers de Christian Dior, dont il fréquente brièvement les ateliers de l’avenue Montaigne. Cette immersion nourrit une fascination durable pour la rigueur des coupes, la maîtrise des volumes et la précision quasi architecturale du vêtement. Dès la fin des années 1960, Alaïa commence à constituer, dans la plus grande discrétion, une collection patrimoniale d’une ampleur exceptionnelle.
Le regard d’un couturier sur un maître fondateur
À la Galerie Dior, plus d’une centaine de ces silhouettes issues de la collection personnelle d’Alaïa sont aujourd’hui dévoilées. L’exposition propose une lecture du style Dior à travers le regard d’un couturier, mettant en lumière les fondamentaux de la maison : tailles marquées, jupes amples, jupons structurés, équilibre subtil entre légèreté et construction.
En écho, la Fondation Azzedine Alaïa propose une mise en regard directe entre des créations de Christian Dior et celles d’Azzedine Alaïa. Présentées dans l’ancien atelier du couturier, les silhouettes dialoguent à travers les décennies, révélant de saisissantes correspondances formelles. Le goût commun pour les lignes sculptées, les hanches dessinées, les épaules structurées et une approche presque anatomique du vêtement traverse les deux œuvres.
Un dialogue couture, au-delà de l’hommage
Loin de toute imitation, ce face-à-face souligne une filiation intellectuelle et esthétique. Chez Dior comme chez Alaïa, le vêtement est pensé comme une construction au service du corps féminin, une architecture mobile où la technique s’efface au profit de l’évidence du geste. Commissarié par Olivier Saillard, avec la collaboration de Gaël Mamine, ce double parcours propose une relecture sensible de l’histoire de la couture à travers le regard d’un créateur qui fut aussi l’un de ses plus grands passeurs.
En révélant cette admiration silencieuse, la double exposition rappelle que la mode se nourrit autant de transmission que d’invention, et que certains dialogues, longtemps restés dans l’ombre, ont façonné durablement l’histoire de la haute couture.
→ Exposition Azzedine Alaïa et Christian Dior, deux maîtres de la Haute Couture à la Fondation Azzedine Alaïa jusqu'au 24 mai 2026
→ Exposition La collection Dior d'Azzedine Alaïa à la Galerie Dior jusqu'au 3 mai 2026
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