[expo] Martin Parr, Global Warning au Jeu de Paume : Face au monde
Deux mois après sa disparition, Martin Parr est à l’honneur au Jeu de Paume dans Global Warning. Une exposition qui démontre en 180 images toute la pertinence du regard acéré du photographe britannique.
Ravages de la surconsommation et de la mondialisation, omniprésence de la technologie… Si Martin Parr a porté un regard amusé sur ce qui l’entourait durant plus de quatre décennies, il n’en a pas moins pointé les périls menaçant l’humanité, en premier lieu celui du réchauffement climatique. Décédé en décembre dernier à 73 ans, le photographe britannique lègue une œuvre en forme d’alerte générale, comme le montre le Jeu de Paume avec une exposition qui dévoile toute l’inquiétude et la gravité derrière les fameux clichés colorés et décalés.
À bout de souffle
C’est par une balade à la plage, lieu de prédilection de l’artiste dès les années 1980, que débute le parcours. Loin d’une image idyllique, elle apparaît comme un espace totalement artificialisé et bondé de vacanciers les uns sur les autres, laissant sur leur passage des montagnes de déchets. Un constat établi sur toute la planète qui confirme l’uniformisation mondiale des comportements. Tandis qu’il documente l’engouement pour les signes capitalistes, tels que McDonald’s, dans la Russie post-soviétique tout comme la vulgarité des nouveaux riches, Martin Parr fait le portrait des outrances du consumérisme, notamment dans sa féroce série « Common Sense ».
Les clichés d’un autre de ses célèbres ouvrages, Small World, poursuivent sur cette note en témoignant de l’évolution du tourisme de masse. Du Machu Picchu à la tour de Pise, le photographe livre une vision très différente de la carte postale en la décadrant légèrement, révélant la surfréquentation de ces sites, tout en s’intéressant aussi à l’omniprésence du faux, entre un New York miniature à Shanghai ou le Paris de carton-pâte de Las Vegas.
Des animaux et des hommes
Ne se contentant pas de photographier ses semblables, ce fils d’ornithologue a aussi accordé une place aux animaux comme faisant toutefois partie intégrante de la communauté humaine, des pigeons de la place Saint-Marc aux girafes d’un parc safari en passant par des chiens tout bichonnés. Autres compagnons indispensables de l’homme, les voitures ou les téléphones portables et leurs inévitables perches à selfie s’invitent également dans cette chronique aussi curieuse que satirique de la société mondiale. Décidément, le regard si vigilant de Martin Parr nous manquera…
Exposition Martin Parr, Global Warning, à découvrir au Jeu de Paume jusqu'au 24 mai 2026
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