[expo] Denise Bellon, un regard vagabond : La beauté sauve le monde
Hymne à la joie ! Le MahJ présente l’œuvre photographique de Denise Bellon : splendeur des clichés, qualité des tirages, scénographie élégante et passionnantes explications. Un vrai bonheur !
Elle était souriante, magnétique, éclatante et sensuelle. L’évidence est saisissante et jouissive ! Mais il faut dire surtout la beauté et l’acuité de son regard, l’humour, la curiosité, le respect et la sympathie qui imprègnent chacun de ses clichés quand elle photographie les humains, et l’originalité de son talent quand elle prend le parti des choses ! L’exposition conçue par Eric Le Roy et Nicolas Feuillie et qu’accueille la scénographie de Jean-Julien Simonot est à la fois brillante et hypnotique. On ne se lasse pas de regarder Denise Bellon regarder le monde !
Capteur d’Histoire
Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme présente la première rétrospective consacrée à cette artiste solaire. Près de 300 photographies, objets, lettres et publications dessinent le portrait d’une femme extraordinaire, mais aussi celui du XXe siècle. Il suffit de voir la lumière baisser entre les images des athlètes du Trocadéro ou de la sublime baigneuse de la piscine Molitor en 1939 et les traboules lyonnaises, photographiées alors que Denise Bellon cache sa judéité en zone libre, pour comprendre comme on est passé du glorieux été du Front populaire à l’hiver du déplaisir nazi.
Pouvoir révélateur
Enfants de la zone ou de Casablanca, de Moissac et de Djerba, Yannick et Loleh, ses filles, Victor Brauner en ses rêves et Joë Bousquet en son lit, les surréalistes et le groupe Octobre, les artistes de l’École de Paris et le jeune Reggiani, les partisans espagnols du Val d’Aran et les gueules cassées : on croit feuilleter l’album de souvenirs communs, l’œil vagabond de Denise Bellon offrant chair à l’Histoire. Iconoclaste quand elle se fait adepte de la « Nouvelle Vision » et joue des cadres et des matières, ethnographe ultrasensible quand elle photographie l’Albanie, la Guinée ou les rues de Paris, Denise Bellon sort de l’ombre grâce à cette exposition remarquable, que clôt – autre miracle – la projection du film de Yannick Bellon et Chris Marker qui lui rend hommage.
Exposition Denise Bellon, un regard vagabond au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, à découvrir jusqu'au 8 mars 2026
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