[expo] Magdalena Abakanowicz, la trame de l'existence : L'étoffe dont sont faits les rêves

L'artiste et son œuvre dans son atelier 1960 © Fondation Marta Magdalena Abakanowicz Kosmowska et Jan Kosmowski, Varsovie, Pologne. Photo © Marek Holzm

Le musée Bourdelle présente l’œuvre de Magdalena Abakanowicz, figure majeure du renouveau textile et de la sculpture du XXe siècle : traversée entre forces de l’esprit et puissance de la matière.

« Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves », dit Shakespeare : ceux de Magdalena Abakanowicz, qui a traversé la guerre, la pénurie et la censure du stalinisme, ressemblent plutôt à des cauchemars. Son œuvre recoud et exhibe les cicatrices des traumatismes du totalitarisme, qui déchiquète et défigure. La rétrospective imaginée par Ophélie Ferlier Bouat, directrice du musée Bourdelle, et les historiens de l’art Jérôme Godeau, Colin Lemoine et Margaux Coïc, propose des clés de lecture biographiques et historiques, à travers un parcours chronologique et thématique de 70 ensembles (33 installations sculptées, 10 œuvres textiles, des dessins et des photographies).

La beauté des lambeaux

Les murs de béton de l’aile Portzamparc du musée ont été rénovés pour accueillir cette œuvre monumentale, qui saisit par la globalité de son audace et les fulgurances de ses visions, même si certains gestes, quand on les isole, peuvent laisser perplexe. Le précieux commissariat présente l’évolution du travail de l’artiste, les étapes de sa recherche, radicale et pionnière, et le caractère quasi visionnaire de ses productions, en résonance avec les questionnements environnementaux, humanistes et féministes dans lesquels l’exposition les replace.

Le tissage comme dialogue et réconciliation

Accueilli par la monumentale Grande Figure, le visiteur découvre, après une première partie présentant l’ampleur de l’œuvre, les spectaculaires Abakans, pièces de textile suspendues au plafond, tissées en fibres naturelles à l’aide de matériaux de récupération. Viennent ensuite les séries qui interrogent la figure humaine et les métamorphoses organiques de la foule, jusqu’au cycle Jeux de guerre, terrible et frémissant. « C’est à partir de la fibre que sont construits tous les organismes vivants, les tissus des plantes, des feuilles et de nous-mêmes » disait Magdalena Abakanowicz, dont l’œuvre soutient, de sa chaîne experte et indocile, la trame fragile de l’existence.

Exposition Magdalena Abakanowicz, la trame de l'existence, à découvrir au Musée Bourdelle jusqu'au 12 avril 2026

Partager cet article sur :

Nos derniers articles

Publié le 22 juillet 2026 [Musées, Expositions]

L'exposition itinérante Beyond The Streets débarque à la Grande Halle de la Villette. Show à l'américaine, décors monumentaux : le gratin mondial du street art squatte Paris tout l’été.

Publié le 15 juillet 2026 [Musées, Expositions]

Avec « Fragile beauté », le Jeu de Paume expose plus de 300 tirages de la collection photographique du chanteur Elton John et de son mari David Furnish, où se côtoient les plus grands noms du médium.

Publié le 8 juillet 2026 [Musées, Expositions]

L'École des Arts Joailliers rend hommage à l’artiste et joaillier américain disparu en 2022, en dévoilant plus de 75 de ses éclatantes créations.

Mis à jour le 7 juillet 2026 [Musées, Expositions]

Du 1er juillet au 15 septembre 2026, la place des États-Unis (Paris 16e) accueille une exposition gratuite consacrée à Philadelphie.

La newsletter

Chaque mercredi, le meilleur des sorties culturelles à Paris avec L'Officiel des spectacles !