[expo] Tisser, broder, sublimer : Les dessous chics de la haute couture
Au Palais Galliera, Tisser, broder, sublimer choisit de raconter la mode par les gestes, les techniques et les artisans. Une exposition exigeante et didactique qui replace les savoir-faire textiles au cœur de l'histoire de la haute couture.
Pensée comme le premier volet d'un cycle consacré aux savoir-faire, l'exposition se déploie en deux temps autour de l'ornementation. Dans les galeries souterraines du musée, le parcours commence par une mise en avant des techniques, avant de basculer sur les métiers. Un découpage qui permet de « changer le regard sur les collections, souvent présentées uniquement par le nom des maisons de couture », rappelle Marie-Laure Gutton, co-commissaire de l'exposition.
Fleurs et voluptés textiles
La première partie du parcours se concentre sur cinq grandes techniques d'ornementation que l'on retrouve dans les collections du musée de la mode : le tissage, l'impression, la broderie, la dentelle et les fleurs artificielles. Le choix de la fleur comme motif transversal s'est rapidement imposé comme une évidence : « C'est une manière de comparer ces techniques à partir d'une même référence visuelle », souligne Marie-Laure Gutton.
Mêlant habilement les époques et les styles, l'exposition choisit de ne pas s'adresser à un public d'experts. Bien au contraire, chacun déambule à sa guise entre les vitrines, attiré par un ensemble de Demna pour Balenciaga, où l'imprimé se transforme progressivement en broderie texturée, une robe noire de la comtesse Greffulhe, ou encore une intrigante robe de mariée de 1895 aux accents militaires.
Rendre à César ce qui est à César
Dans la deuxième partie, il ne s'agit plus de regarder les techniques, mais celles et ceux qui les pratiquent. Brodeurs, plumassiers, dentelliers et paruriers sortent ainsi de l'anonymat. Les boutons éclatants de François Hugo, les échantillons centenaires du plumassier Lemarié ou les collaborations du brodeur Rébé racontent une autre histoire de la mode, en dehors de la notoriété des couturiers.
La scénographie resserrée impose une observation attentive, presque intime, à la hauteur de la minutie des gestes. Loin d'une approche patrimoniale figée, l'exposition inscrit aussi ces métiers dans le présent avec notamment Aurélia Leblanc, qui détache le textile du vêtement pour en faire des installations ou sculptures, ou encore le travail de l'atelier Baqué Molinié, qui étend la broderie à d'autres champs. On ressort conquis par tant d'élégance et d'originalité.
Exposition Tisser, broder, sublimer, à découvrir au Palais Galliera jusqu'au 18 octobre 2026
Partager cet article sur :
Nos derniers articles
Avec Penn & Fashion, la Maison Européenne de la Photographie retrace six décennies exceptionnelles de clichés de mode signés Irving Penn, photographe américain mythique du magazine Vogue.
Il est « notre père à tous », disait Picasso de Cezanne. Le Grand Palais présente une exposition inédite qui explore cette filiation symbolique et artistique ainsi que l’influence de son œuvre.
Du 15 octobre au 8 novembre 2026, Nuits de Lumière transforme le site exceptionnel du Château de Vincennes en un parcours nocturne immersif monumental. Pour cette deuxième édition totalement renouvelée, attendez-vous… à être surpris !
Pour ses 400 ans, le Muséum national d’Histoire naturelle organise une foisonnante rétrospective des œuvres qui attestent du dialogue fécond entre les sciences et les arts. Magnifique !





