[expo] Dessins sans limite au Grand Palais : L'art du trait
Le Grand Palais dévoile cet hiver les trésors du cabinet d'art graphique du Centre Pompidou pour un éblouissant et rare panorama des diverses pratiques du dessin.
Dotée de plus de 35 000 dessins, cette collection a de quoi donner le tournis ! Rarement exposées en raison de leur très grande fragilité, 300 de ces pièces signées de 120 artistes modernes et contemporains sont présentées au Grand Palais, qui accueille Beaubourg durant ses travaux. Mêlant les époques dans de surprenants dialogues, cet accrochage témoigne des différentes manières de se saisir du dessin, s’affirmant en tant qu’œuvre à part entière.
Le dessin à l’œuvre
S’ouvrant par des dessins préparatoires de Pablo Picasso, Henri Matisse, Fernand Léger ou Vassily Kandinsky, le parcours dévoile une diversité d’approches, toujours marquées par un désir d’expérimentation. Nourri de l’observation, le dessin donne à voir la façon dont les artistes appréhendent et traduisent le monde. Ainsi, Jean Dubuffet esquisse un étonnant voyage dans le métro tandis que le Sud-Africain William Kentridge en fait, avec ses films d’animation réalisés au fusain, une matière vivante en perpétuelle réinvention pour raconter son pays. Relevant de l’automatisme, il peut aussi consister en quelques gribouillages ou formes évanescentes révélant un geste quasi inconscient comme chez Henri Michaux ou Miriam Cahn.
Un art sous toutes ses formes
Médium profondément libre et accessible, le dessin permet au duo Gilbert & George d’imaginer à leur début d’immenses installations de papiers, recréant au fusain un pub londonien sur des feuilles assemblées. Les artistes en font aussi l’objet d’une véritable performance, à l’image de William Anastasi traçant aussi loin que ses bras le lui permettent, ou de Trisha Brown guidant ses créations sur papier par sa danse. Grâce à l’empreinte de sa paume, Giuseppe Penone crée, quant à lui, une œuvre aussi sculpturale que délicate.
S’insérant dans des réalisations composites, le dessin se mêle aux collages dadas et cubistes, ou bien à une grande fusion de matières chez Antoni Tàpies. Au contraire, il s’épure dans des compositions colorées de František Kupka ou de Sonia Delaunay. Ne reste plus que la simplicité du trait et des formes qui surgissent comme dans les films de Robert Breer ou de Len Lye. Le dessin apparaît alors plus que jamais comme l’essence même de l’expression artistique.
Exposition Dessins sans limite, à découvrir au Grand Palais jusqu'au 15 mars 2026
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