[expo] Bronzes royaux d’Angkor au musée Guimet : Statues culte
Le Musée Guimet consacre une exposition aux trésors de l’art khmer à travers près de 250 pièces qui éclairent une fascinante relation aux divinités bouddhistes et hindouistes.
Avec ses centaines de temples, Angkor, capitale de l’ancien royaume khmer qui domina l’Asie du Sud-Est du IXe au XVe siècle, témoigne toujours de sa splendeur passée. Le Musée Guimet lui rend hommage grâce à près de 250 œuvres, pour la moitié prêtée par le musée national du Cambodge. Conçu en collaboration avec l’École française d’Extrême-Orient, qui y a mené des fouilles, et le Centre de recherche et de restauration des musées de France, le parcours permet d’admirer ces gracieuses sculptures sacrées à la lumière des plus récentes connaissances archéologiques, tout en s’immergeant dans la culture khmère et son lien au divin.
La force du bronze
C’est à bien avant la fondation du royaume khmer, jusqu’à près de deux millénaires plus tôt, que remonte d’abord l’exposition. Évoquant les débuts de l’extraction du cuivre dans la région et sa transformation en bronze, elle dévoile un récipient ou encore une cloche réalisés dans cet alliage, déjà utilisé pour un usage rituel. Elle éclaire aussi les premiers exemples de statuaires et la technique de la fonte à la cire perdue, qui resteront ensuite aux fondements de la production.
Émergeant de l’obscurité, les sculptures sacrées révèlent alors tout leur éclat. Tour à tour porté vers l’hindouisme ou le bouddhisme, le rapport au divin du royaume angkorien s’exprime au travers de nombreuses statues en bronze, dialoguant avec leurs équivalents en pierre. Elles représentent Vishnou et Shiva, ou bien des bodhisattva et Bouddha trônant sur le serpent mythique naga. Ex-voto, mais aussi encensoirs, candélabres ou instruments, faits de métal, attestent également de la place des rites dans le quotidien, autant que d’un savoir-faire qui se perpétuera, même après la fin de l’ère khmère.
Un Vishnou éblouissant
La pièce maîtresse du parcours se dévoile enfin au cœur de la cour khmère du musée. Daté du XIe siècle et découvert en 1936, le buste monumental en bronze du Vishnou du Mebon occidental représente le dieu couché et paisible, exprimant son pouvoir créateur et purificateur. Si une vidéo reconstitue ce que devait être son lustre d’antan lorsqu’il était entièrement recouvert d’or, la sculpture, même marquée par le temps, a gardé intacte toute sa capacité à fasciner, tels les autres vestiges du royaume khmer.
Exposition Bronzes royaux d'Angkor, un art du divin, à découvrir au Musée Guimet jusqu'au 28 septembre 2025
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