[expo] Kandinsky. La musique des couleurs : Comme de longs échos qui de loin se confondent…
Le Musée de la musique – Philharmonie de Paris et le Centre Pompidou s’associent pour traverser l’œuvre de Vassily Kandinsky en une promenade de toute beauté, très instructive et passionnante.
L’alliance du richissime fonds du Centre Pompidou et de l’expertise musicale de la Philharmonie offre de découvrir l’œuvre de Kandinsky en suivant son évolution vers l’abstraction. On va de rencontre en rencontre, la première ayant lieu en 1896, alors que Kandinsky a déjà 30 ans, quand « le choc Wagner » déclenche sa vocation. La magnifique scénographie imaginée par Pascal Rodriguez installe le visiteur dans les brumes romantiques de Lohengrin. Pendant que surgit la silhouette du Chevalier au cygne, dessinée par Yánnis Kókkos, le casque avec lequel on traverse l’exposition fait entendre le prélude de l’opéra. L’émotion est profonde.
Chemin des synesthésies
De même que Wagner suggère que la matière ne peut accueillir le divin à moins d’une confiance aveugle en l’amour et les forces de l’esprit, Kandinsky se détache de la figuration. La chevauchée s’achève avec les trois dernières Compositions (VIII, IX et X), réunies grâce aux prêts du Guggenheim Museum de New York et de la Kunstsammlung NRW de Düsseldorf : miracle d’une œuvre « absolue » et achèvement de la quête d’un art spirituel. La recherche de Kandinsky passe par plusieurs étapes que l’exposition présente avec autant de précision que d’originalité.
Force des rencontres et du dialogue
L’amitié avec Schönberg, qui participa à l’aventure du Cavalier bleu, menée avec Franz Marc (une passionnante vidéo retrace la création de l’Almanach du Blaue Reiter), le travail avec le compositeur Thomas von Hartmann pour libérer le théâtre des conventions narratives, celui mené au Bauhaus, à l’invitation de Gropius qui l’y nomma « maître des formes » : toute l’exposition, conçue par Angela Lampe, Marie-Pauline Martin et Mikhaïl Rudy, suggère la porosité entre les arts et la fécondité du dialogue entre artistes. Si cette rétrospective montre comment la musique irrigua l’œuvre du peintre, elle est aussi la preuve que la solitude est l’envers du génie et que toute expression se nourrit des autres.
Exposition Kandinsky. La musique des couleurs, à découvrir au Musée de la Musique jusqu'au 1er février 2026
Partager cet article sur :
Nos derniers articles
Au Palais Galliera, Tisser, broder, sublimer choisit de raconter la mode par les gestes, les techniques et les artisans. Une exposition exigeante et didactique qui replace les savoir-faire textiles au cœur de l'histoire de la haute couture.
Le Grand Palais dévoile cet hiver les trésors du cabinet d'art graphique du Centre Pompidou pour un éblouissant et rare panorama des diverses pratiques du dessin.
Le musée Bourdelle présente l’œuvre de Magdalena Abakanowicz, figure majeure du renouveau textile et de la sculpture du XXe siècle : traversée entre forces de l’esprit et puissance de la matière.
À la Galerie Dior et à la Fondation Azzedine Alaïa, une double exposition révèle une facette essentielle du créateur tunisien : celle d’un collectionneur passionné, animé par une admiration profonde pour Christian Dior.





