[expo] L’Étoffe des rêves à la Halle Saint Pierre : Mille et une nuances du textile

Stéphane Blanquet, Cuirs de l'aurore à demi-feutré, tapisserie, 2015 © Josefina Eikenaar Textiel Museum

Réunissant 36 artistes sur les deux niveaux de la Halle Saint Pierre jusqu’en juillet prochain, l’exposition « L’Étoffe des rêves » montre comment chacun s’empare du textile dans une diversité stimulante d’expressions, de techniques et de significations.

Enchevêtrements étranges de machines à coudre, les sculptures aux résonances surréalistes de Fabian Sanchez donnent le ton de cette exposition qui envisage le textile à travers des approches très différentes, s’entremêlant tel un grand cadavre exquis. Avec 300 œuvres de 36 créateurs d’horizons divers, la Halle Saint Pierre tisse ainsi un riche panorama d’usages, de détournements et de réflexions, entre art et artisanat.

Visions cousues

Nourries par la BD et le cinéma de genre, les tapisseries de Stéphane Blanquet immergent dans un monde onirique et inquiétant peuplé de créatures extra-terrestres, dont on semble pénétrer l’antre. Plus loin, Marion Oster mêle des évocations de rites et de croyances diverses, autant qu’elle agrège des matériaux hétéroclites : tissus, laine, boutons, sequins... Tandis qu’Hervé Bohnert se confronte à la mort avec sa collection de crânes en tissus récupérés qui forment une vanité XXL.

Le fil du désir

Adepte du patchwork délirant, Aurélia Jaubert assemble des canevas chinés dans d’immenses tentures qui abolissent les hiérarchies et convoquent un vaste répertoire iconographique, allant des dauphins aux représentations religieuses, des Poulbots aux images d’Épinal... Questionnant avec humour l’imaginaire des brodeuses, Lili Simon intègre, quant à elle, à des canevas de scène de chasse ou de paysage des hommes en slip blanc tout droit sortis de publicités comme une image rémanente. De désir, il est aussi question avec les œuvres érotiques en étoffe, aussi crues que frappantes, de Marie-Thérèse Chevalier.

Tisser l’intime

Shao Liyu Chen reconstitue, de son côté, les scènes de la Chine de son enfance à l’aide de chutes de tissus qui forment des tableaux à la minutie fascinante. Alors que Marie-Rose Lortet crée des espaces rassurants à habiter avec ses délicates structures en fil et en dentelles. C’est aussi l’œuvre d’une vie que présente Jean-Noël Wintergerst, tricotant pendant 33 années des bouts de laine pour confectionner un ensemble coloré aux nombreux symboles. Enfin, les formes abstraites, vives et obsédantes, brodées patiemment sur des toiles blanches par le Suisse Ficht Tanner, achèvent, dans une danse joyeuse, ce parcours décidément haut en couleur.

Exposition L'étoffe des rêves : création textile, à découvrir jusqu'au 31 juillet 2026 à la Halle Saint Pierre

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