[expo] Paris 1874, inventer l’impressionnisme : Naissance d’une révolution

Berthe Morisot, Le Port de Lorient, 1869, Huile sur toile © Courtesy of the National Gallery of Art, Washington

Remarquable exposition au Musée d’Orsay, à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de l’impressionnisme et découverte passionnante des conditions d’émergence de la vie moderne.

« À qui donc, sinon aux impressionnistes, devons-nous ces admirables brouillards fauves qui se glissent dans nos rues ? » demande Oscar Wilde dans Le Déclin du mensonge, rendant ainsi hommage aux peintres qui nous ont appris « le charme mystérieux » de ce que, jusqu’alors, l’art ne représentait pas. Pour comprendre combien notre vision des choses dépend des artistes qui éduquent notre œil, les commissaires Sylvie Patry et Anne Robbins, assistées de Caroline Gaillard et Estelle Bégué, ont eu l’idée géniale de reconstituer les murs du Salon de 1874, que l’on découvre après les œuvres réunies un mois avant chez Nadar : l’effet est saisissant !

Indépendance contre ordre ancien

La première exposition des impressionnistes ouvrit le 15 avril 1874, au 35 du boulevard des Capucines à Paris. Elle était organisée par des affranchis rétifs à la manière académique. Originellement, cette exposition ne s’appelait pas ainsi : c’est le malicieux Louis Leroy qui la baptisa dans Le Charivari. Le nom est resté mais l’opprobre a changé de camp : ce sont les croûtes pompières du Salon qui font désormais sourire les visiteurs ! On s’aperçoit avec stupeur combien notre réceptivité est devenue plus accueillante aux cieux vaporeux, aux dindons duveteux et aux ombrelles des modernes qu’aux satyres, moines sculpteurs et Paimpolaises rêvant sur la falaise !

Ruptures et continuités

Vingt minutes à pied entre le Salon et le boulevard des Capucines : une révolution, pourtant, entre les deux ! Mais les ruptures esthétiques sont moins brutales que ce que l’histoire en reconstitue : l’exposition ne s’arrête donc pas au duel entre pâte ancienne et palette moderne ! Après les murs brun-rouge comme chez Nadar, après le rouge flamboyant du Salon, vient le gris-bleu des salles qui montrent combien la ligne de partage entre tradition et avant-garde est, en 1874, encore poreuse. On termine ce lumineux et fascinant voyage face au soleil levant sur le port du Havre. Impression oblige !

Exposition Paris 1874, Inventer l'impressionnisme, à découvrir au Musée d'Orsay jusqu'au 14 juillet 2024

Partager cet article sur :

Nos derniers articles

Le musée d’Art et d’Histoire Paul-Éluard de Saint-Denis propose une passionnante exposition en forme de vaste exploration de la question de la guérison entre sciences, spiritualités et arts.

Publié le 10 juin 2026 [Musées, Expositions]

Bien avant Kandinsky, Mondrian ou Malevitch, une peintre suédoise s’affranchissait de la figuration dans le plus grand secret et sous la tutelle « d’anges ». Alors que son nom sort peu à peu de l’anonymat, le Grand Palais met à l’honneur son grand œuvre : Les Peintures du Temple (1906-1915).

Le site François-Mitterrand de la BnF offre aux esprits pérégrinaux l’occasion d’un voyage aux frontières du réel et de la fiction. En avant pour une exploration ludique des mystères de la carte !

À l’occasion du 400e anniversaire de la marquise de Sévigné, le Musée Carnavalet accueille une exposition qui rend hommage à la femme, à l’épistolière, à son style et à son époque. Passionnant !

La newsletter

Chaque mercredi, le meilleur des sorties culturelles à Paris avec L'Officiel des spectacles !