[expo] Fragile beauté au Jeu de Paume : La fureur de vivre
Avec « Fragile beauté », le Jeu de Paume expose plus de 300 tirages de la collection photographique du chanteur Elton John et de son mari David Furnish, où se côtoient les plus grands noms du médium.
Lorsque Elton John rencontre David Furnish au début des années 1990, c’est la passion de la photographie qui les réunit. La star britannique entame alors une collection que le couple ne cessera d’alimenter, atteignant aujourd’hui plus de 7 000 tirages. Celle-ci se dévoile aujourd’hui au public grâce à une sélection de 300 clichés dans « Fragile beauté », une exposition présentée en 2024 au Victoria and Albert Museum de Londres et reprise cet été au Jeu de Paume à Paris.
La mode et le monde en images
Si un portrait d’Elton John par David LaChapelle ouvre le parcours, ce sera bien le seul présenté, au profit plutôt d’une diversité de sujets et d’intérêts. Trois élégants clichés en noir et blanc d’Irving Penn, Herb Ritts et Horst P. Horst – les tout premiers acquis – témoignent notamment du goût du couple pour la photographie de mode. Des images ultra stylisées de Richard Avedon et Guy Bourdin à une étonnante série de Melvin Sokolsky où un mannequin flotte dans une bulle au-dessus de New York ou de Paris, les regards sont variés.
Rassemblant parmi les plus grands photographes de ces 70 dernières années, la collection compte bon nombre d’images saisissantes, qu’il s’agisse d’immortaliser des stars, telles que Marilyn Monroe ou Frank Sinatra, comme de grands moments de l’histoire, du mouvement des droits civiques au 11-Septembre en passant par la guerre en Ukraine.
Vertiges de l’existence
Le désir et l’intime sont aussi au cœur de cet accrochage qui fait la part belle aux artistes ayant célébré l’homosexualité et la liberté de l’amour face au rejet et aux ravages du sida. Ainsi en est-il des images crues exaltant les corps réalisées par Peter Hujar, Robert Mapplethorpe, Walter Pfeiffer ou encore Tom Bianchi. Attentifs à la précarité de la condition humaine, les photographes réunis subliment les marges, tel Philip-Lorca diCorcia captant la mélancolie des travailleurs du sexe de Los Angeles.
Le clou de l’exposition tient enfin en une salle rassemblant 150 tirages de la série Thanksgiving de Nan Goldin, où se mêlent joie, violence et vulnérabilité à travers le regard sans concession de la New-Yorkaise sur sa vie et ses proches. La preuve que la photographie peut traduire avec force tout le vertige de l’existence et de l’appartenance au monde.
Exposition Fragile beauté à découvrir au Jeu de Paume Paris jusqu'au 27 septembre 2026
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