Henri Cartier-Bresson, l'expérience du paysage : à la recherche de la sérénité
L’exposition a lieu à la Fondation Henri Cartier-Bresson, dans le quartier du Marais, du 1er juillet au 25 septembre 2022.
Basée sur une série de 70 photographies sélectionnées par Henri Cartier-Bresson vers la fin de sa vie, ces images prises entre les années 1930 et 1990 témoignent de sa vision contemplative tout autant que l’importance de la structure dans la composition du paysage. Nous avons rencontré Agnès Sire, directrice artistique de la Fondation et Commissaire de l’exposition.
Un patrimoine unique
Henri Cartier-Bresson était un insatiable curieux de la vie. Né en 1908 à Chanteloup, en Seine-et-Marne, celui que l’on surnomme « l’œil du siècle » se forme tout d’abord à la peinture, avant de se consacrer à la photographie. Il devient grand reporter et voyage en Europe, au Mexique et aux États-Unis. Son travail est reconnu et exposé dès 1933. De retour en France, il fonde Magnum Photos en 1947. Il délaisse finalement la photographie en 1970 et décide de se consacrer exclusivement au dessin. Il disparait en 2004. Cette exposition inédite de paysages est la dernière qu’il ait conçue avant sa mort, dévoilant le regard songeur d’un photographe en plein questionnement sur son rapport au monde.
Le paysage méditatif
Henri Cartier-Bresson considérait le paysage comme une construction. Il accordait les éléments avec un sens aiguisé des proportions, tout en soignant avec précision la juxtaposition des plans, à la manière du dessin. « Il y a une vraie géométrie dans ses clichés, qu’il a acquise lors de son apprentissage du dessin, avec le peintre André Lhote, à l’Académie de Platon. », raconte Agnès Sire. « Il dessinait beaucoup, surtout des paysages, il disait que c’était comme une méditation. Le paysage est une vraie création, sinon il n’y a que la nature à l’état brut. Et en même temps, Il y a une évanescence et un mouvement du personnage, dans les clichés de Henri Cartier-Bresson, qui finalisent la disposition du paysage et lui donnent sa dynamique. »
L’immense photographe aspirait à la tranquillité, vers la fin de sa vie. Une joyeuse paisibilité que l’on retrouve dans cette exposition, où les personnages s’inscrivent en totale harmonie avec leur environnement.
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