Le Chasseur de baleines

De Philipp Yuryev (2020)
Cinémas Drame 1h33

Réalisation : Philipp Yuryev
Principaux artistes : Vladimir Onokhov, Kristina Asmus, Vladimir Lyubimtsev, Nikolay Tatato
Genre : Drame
Titre original : Kitoboy
Nationalité : Pologne, Russie
Langue de tournage : Russe
Durée : 1h33
Année de production : 2020
Date de sortie (ou ressortie) en France : 28 janvier 2026
Distributeur : Singularis Films

Présentation

Leshka est un adolescent qui vit dans un village isolé sur le détroit de Béring, entre la Russie et l'Alaska. Comme la plupart des hommes de sa communauté, il vit de la chasse de la baleine, et mène une vie très calme aux confins du monde. Avec l’arrivée récente d’Internet, Leshka découvre un site érotique où officie une cam girl qui fait naître en lui un désir d’ailleurs.

Le projet de premier long-métrage de Philipp Yuryev a éclos lorsque le cinéaste a visionné un documentaire sur le village de Lorino, à l'extrémité du district russe de Tchoukotka. Il a souhaité filmer cette région avant même de trouver le sujet de son histoire : une aire marquée par un accès récent à Internet, « très important pour les adolescents ». Ce contexte nourrit un récit d’apprentissage où le territoire, géographiquement isolé mais virtuellement connecté, éclaire un rapport inédit à l’ailleurs. Philipp Yuryev précise qu’il ne s’agit « ni d’un film sur la Tchoukotka, ni d’un film russe », mais d’un « récit sur l’adolescence, que tout le monde peut comprendre. »

Le Chasseur de baleines : la distribution

Réalisation : Philipp Yuryev

Casting : Vladimir Onokhov (Leshka), Kristina Asmus (l'Américaine), Vladimir Lyubimtsev (Kolyan), Nikolay Tatato (le grand-père), Arieh Worthalter (le garde-frontière), Maria Chuprinskaia (la blonde), Ankas Aimetgirgin (le contremaître), Gennady Iuneut (Gena), Evgeny Ayanto (un braconnier), Timofey Tymnevye (le chasseur), Ivan Tynau (un braconnier), Zakhar Vykvytke (un braconnier)

Distribution technique : Philipp Yuryev (scénario), Krzysztof A Janczak (musique), Mikhail Khursevich (direction artistique), Yakov Mironichev (direction artistique)

La musique a été composée par Krzysztof A Janczak, qui avait composé auparavant la bande son du film Miracle en 2017.

Parmi les actrices et acteurs principaux, on a pu voir au cinéma Kristina Asmus dans Texto (2019).

Derniers avis sur le film : Le Chasseur de baleines

Avis publié par Ioana (6 critiques) le 21 mars 2026

Dès la toute première scène, The Whaler Boy nous aspire littéralement depuis l’intérieur d’un écran vers l’extrême nord-est de la Russie, là où le soleil a manifestement décidé de ne jamais revenir et où la testostérone circule en circuit fermé.

Tchoukotka : un bout du monde si reculé qu’il ferait passer le romantisme brumeux de Caspar David Friedrich pour une carte postale Club Med.

Ici, un fait saute aux yeux : il n’y a que des hommes.

Des hommes, des baleines, des bateaux, du froid, et une connexion internet capricieuse qui fait office de dernier lien avec le reste de l’humanité — et surtout avec les femmes.

Car la femme, dans cet univers, est une apparition mystique : soit elle vit dans un écran (HD quand ça veut bien charger), soit elle est une étrangère de passage, presque une hallucination collective.

Le village entier partage le même sort que le spectateur : regarder, attendre, cliquer.

Le panoptique version Yuryev, c’est une prison d’hommes dont on ne sait jamais s’il faut s’échapper ou s’y résigner.

Notre héros, Leshka, adolescent aux joues rouges et au regard trop grand pour ce paysage trop petit, contemple un jour une carte.

Et là, révélation métaphysique majeure : l’Alaska est juste là.

Quelques centimètres sur le papier. 88 kilomètres dans la vraie vie.

Une petite nage, un bon crawl, presque une promenade — si on ignore les frontières, les gardes, le froid, la réalité et la vie en général.

La géographie, comme l’amour, est une immense arnaque d’échelle.

Dans ce monde où l’on chasse la baleine faute de mieux, chacun semble vivre sa petite dystopie personnelle.

Pour certains, c’est même une utopie : un rythme, un travail, pas trop de questions.

Pour Leshka, en revanche, quelque chose coince. The Whaler Boy installe très vite une mélancolie poisseuse, un spleen gelé.

La caméra le suit partout, comme si elle aussi cherchait une issue. Regard, corps, caméra : un pacte intime qui nous entraîne dans une errance hypnotique entre hangars, écrans, visages fatigués et désirs mal orientés.

Parce que le désir, ici, ne circule pas librement. Il tamponne. Il bufferise.

Internet devient un musée de la solitude nocturne : une succession infinie de sourires pixelisés, d’illusions standardisées, une usine Warhol du fantasme.

Même promesse, même regard, fuseau horaire différent.

1 avis sur Le Chasseur de baleines

Avis publié par Ioana (6 critiques) le 21 mars 2026

Dès la toute première scène, The Whaler Boy nous aspire littéralement depuis l’intérieur d’un écran vers l’extrême nord-est de la Russie, là où le soleil a manifestement décidé de ne jamais revenir et où la testostérone circule en circuit fermé.

Tchoukotka : un bout du monde si reculé qu’il ferait passer le romantisme brumeux de Caspar David Friedrich pour une carte postale Club Med.

Ici, un fait saute aux yeux : il n’y a que des hommes.

Des hommes, des baleines, des bateaux, du froid, et une connexion internet capricieuse qui fait office de dernier lien avec le reste de l’humanité — et surtout avec les femmes.

Car la femme, dans cet univers, est une apparition mystique : soit elle vit dans un écran (HD quand ça veut bien charger), soit elle est une étrangère de passage, presque une hallucination collective.

Le village entier partage le même sort que le spectateur : regarder, attendre, cliquer.

Le panoptique version Yuryev, c’est une prison d’hommes dont on ne sait jamais s’il faut s’échapper ou s’y résigner.

Notre héros, Leshka, adolescent aux joues rouges et au regard trop grand pour ce paysage trop petit, contemple un jour une carte.

Et là, révélation métaphysique majeure : l’Alaska est juste là.

Quelques centimètres sur le papier. 88 kilomètres dans la vraie vie.

Une petite nage, un bon crawl, presque une promenade — si on ignore les frontières, les gardes, le froid, la réalité et la vie en général.

La géographie, comme l’amour, est une immense arnaque d’échelle.

Dans ce monde où l’on chasse la baleine faute de mieux, chacun semble vivre sa petite dystopie personnelle.

Pour certains, c’est même une utopie : un rythme, un travail, pas trop de questions.

Pour Leshka, en revanche, quelque chose coince. The Whaler Boy installe très vite une mélancolie poisseuse, un spleen gelé.

La caméra le suit partout, comme si elle aussi cherchait une issue. Regard, corps, caméra : un pacte intime qui nous entraîne dans une errance hypnotique entre hangars, écrans, visages fatigués et désirs mal orientés.

Parce que le désir, ici, ne circule pas librement. Il tamponne. Il bufferise.

Internet devient un musée de la solitude nocturne : une succession infinie de sourires pixelisés, d’illusions standardisées, une usine Warhol du fantasme.

Même promesse, même regard, fuseau horaire différent.

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