[expo] Éternel Tintoret au musée Jacquemart-André : Le Vénitien virtuose
Avec l’exposition Éternel Tintoret, le musée Jacquemart-André retrace l’exceptionnel parcours du peintre vénitien de la Renaissance tout en explorant son importante influence.
L’automne est vénitien au musée Jacquemart-André qui met à l’honneur Tintoret. Attaché à la Sérénissime, qu’il ne quitta presque jamais, ce grand rival de Titien y signa d’immenses chefs-d’œuvre, tel Le Paradis au palais des Doges. Si celui-ci ne peut être déplacé, une trentaine de toiles et de dessins racontent cet artiste inclassable à la liberté fougueuse, qui a bousculé les conventions de son époque et marqué durablement l’histoire de l’art.
Des toiles saisissantes
Qu’il s’agisse de représenter des épisodes religieux ou mythologiques, les tableaux de Tintoret frappent par leur touche vive et lumineuse composant des ensembles intensément dramatiques, à l’image de La Chute de Phaéton, tirée d’un décor figurant les Métamorphoses d’Ovide, ou bien du Miracle de saint Augustin. De Léda et le Cygne à Suzanne et les Vieillards, ses sublimes nus font eux aussi forte impression, autant pour leur sensualité que pour leur manière de jouer de l’ambiguïté et du grotesque.
Peintre prolifique à l’atelier florissant, Tintoret est également un brillant portraitiste, produisant des toiles dépouillées animées par la forte expressivité des visages et des gestes que le Tout-Venise s’arrache. Méconnus, ses dessins dévoilent d’ailleurs une grande précision et une attention quasi sculpturale aux volumes, dont plusieurs études et esquisses témoignent ici.
Une longue influence
Depuis cinq siècles, la fascination pour son art n’a cessé de perdurer, jusqu’aux époux collectionneurs Jacquemart-André, anciens hôtes des lieux, ou même David Bowie, qui fut propriétaire d’une magnifique toile présentée dans l’exposition. Cet héritage, au cœur de la suite du parcours, se traduit par le dialogue entre les œuvres de Tintoret et celles d’artistes français du XIXe siècle qu’il a tant inspirés. À l’instar de Delacroix, dont une scène de crucifixion est mise en regard d’autres œuvres sur le même thème du peintre renaissant, tandis que celui-ci est mis en scène par Ingres et Léon Cogniet dans des tableaux fantasmant des épisodes de sa vie. Enfin, sont réunis pour la première fois l’Autoportrait de Tintoret et la copie réalisée dans sa jeunesse par Édouard Manet. Regardant le spectateur, l’artiste vénitien à la barbe blanche semble bien éternel !
Exposition Éternel Tintoret, à découvrir au Musée Jacquemart-André jusqu'au 24 janvier 2027
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