[expo] Gribouillage / Scarabocchio aux Beaux-Arts : pour créer heureux, créons cachés
Le Palais des Beaux-Arts propose une exposition fleuve qui fait la part-belle aux pas de côté, en mettant en lumière les brouillons et gribouillages de grands artistes, des premiers modernes – de Vinci, Raphaël…-, aux modernes contemporains.
On dit que le silence qui suit du Mozart est encore du Mozart. Le Palais des Beaux-Arts surenchérit et pose une nouvelle question : les gribouillis qui précèdent du Vinci sont-ils déjà du Vinci ?
L’exposition Gribouillage / Scarabocchio, qui a démarré le 8 février dernier et s’étend jusqu’au 30 avril, répond par la positive en choisissant d’exposer des brouillons, gribouillages, croquis… d’artistes de la Renaissance comme de contemporains. Les uns et les autres se confondent, sont exposés côte à côte, la chronologie ici ne tient plus et tant mieux : peut-être est-ce dans ce geste libéré de toute pression, de toute anticipation, que l’on retrouve l’essence même d’un artiste grâce à une certaine vulnérabilité dans l’œuvre, puisque jamais pensée pour être vue.
Gribouillage / Scarabocchio : ratures et raretés
Ainsi, Raphaël croise Basquiat, de Vinci se mêle à Henri Michaux, Michel-Ange s’encanaille avec Cy Twombly dans les couloirs de l’exposition, soutenue par une scénographie aux volumes bruts, ouvrant la vue d’une salle à l’autre – qui servira même à une programmation annuelle, dans une volonté d’éco-responsabilité. Pour l’heure, elle fait office d’écrin pour certaines œuvres présentées exclusivement : des graffitis antiques du Colisée romain, deux cahiers de classe d’Eugène Delacroix, des dessins rares de Léonard de Vinci, Michel Ange, Rembrandt, Raphaël, L'Enfant montrant un dessin de Giovanni Francesco Caroto, des photographies de Brassaï et Helen Levitt…
En bref, un bouillonnement invitant à regarder derrière le rideau, permis par une coordination internationale titanesque : pas loin d’une vingtaine de musées français et italiens ont prêté des œuvres pour construire cet herbier visuel. L’évènement lui-même est le fruit d’une collaboration rapprochée entre l’Académie de France à Rome – Villa Médicis (chez qui elle a effectué un premier tour de piste de mars à mai 2022) et les Beaux-Arts de Paris, avec le soutien du Centre Pompidou.
Découvrir l'exposition Gribouillage / Scarabocchio au Palais des Beaux-Arts jusqu'au 30 avril 2023
Partager cet article sur :
Nos derniers articles
Le Musée du Luxembourg présente jusqu’au 19 juillet la première exposition française d’envergure consacrée à la vie et l’œuvre de Leonora Carrington (1917-2011), alchimiste surréaliste et visionnaire ésotérique. Une découverte !
Au Mémorial de la Shoah, Simone Veil. Mes sœurs et moi déplace le regard. Loin de la figure institutionnelle, l’exposition explore une fratrie, ses silences et ses failles. Une plongée sensible, politique sans en avoir l’air.
Le musée des Arts décoratifs reconstitue, du lever au coucher, la vie d’une demeure aristocratique des années 1780. Plus de 550 pièces, certaines rarement montrées, composent un portrait précis d’une époque et d’une classe sociale.
Après 17 mois de travaux, le musée de la Vie romantique rouvre la demeure d’Ary Scheffer avec un parcours repensé et une exposition inaugurale consacrée aux ciels tourmentés du peintre Paul Huet (1803-1869).





