Marronnage à la Maison de l'Amérique latine : un art libre

Photo Jean Hurault, livre Africains de Guyane, 1970

Créée en 1946 pour renforcer les relations entre la France et les nations du continent sud-américain, la Maison de l’Amérique Latine propose avec l'exposition Marronnage, l’art de briser ses chaînes de redécouvrir les sociétés marronnes et leur art émancipatoire.

Briser les chaînes

Le marronnage désigne la fuite des esclaves, comme ceux envoyés de force depuis l’Afrique pour travailler dans les plantations sud-américaines et qui se sont réfugiés dans des territoires reculés et inaccessibles de la forêt amazonienne. Ces territoire étant desservis uniquement par des cours d’eau tel que le fleuve Maroni qui sépare aujourd’hui le Suriname et la Guyane française.

Les marrons y ont constitué de nouvelles communautés refusant toute soumission. Ils ont développé des objets du quotidien à la valeur artistique qui s’insèrent au cœur de la vie et des échanges de la société. Quand les hommes sculptent des peignes ou des pagaies en leur conférant une grâce inédite, les femmes tissent des vêtements ou des foulards à l’esthétique travaillée et colorée.

Dans les années 1930, des expéditions ethnographiques sont organisées sur les bords du fleuve Maroni et rapportent de nombreux objets confectionnés par les marrons mais aussi des photographies et des films pour témoigner de leurs existences. Ces objets et documents, conservés au Musée du Quai Branly - Jacques Chirac, apparaissent dans cette exposition.

L’art Tembé

Ces sociétés n’ont pas pour autant disparu et elles continuent à créer cet art que l’on nomme Tembé qui reste bien vivant. L’intérêt de cette exposition est de replacer cette culture souvent méconnue dans l’Histoire tout en éclairant son évolution et ses caractéristiques entre tradition, artisanat et art contemporain, en donnant la parole aux artistes marrons actuels et en montrant leurs productions.

L’art Tembé s’est réinventé pour affirmer son identité foncièrement libre à travers la succession des générations, et a même intégré à sa pratique depuis une quarantaine d’années la peinture sur toile dont certaines sont visibles à la Maison de l’Amérique Latine. Plusieurs artistes sont aussi invités à donner avec une œuvre originale leur point de vue sur cette culture marronne qui les a marqués et influencés, dont le peintre d’origine haïtienne Hervé Télémaque, qui est par ailleurs à l’origine de cette exposition enrichissante.

Exposition Marronnage, l'art de briser ses chaînes à la Maison de l'Amérique latine, à découvrir du 12 mai au 24 septembre (entrée libre)

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