[critique] La Tendresse : Si c’est un homme

© DR

Reprise au Théâtre des Bouffes Parisiens du passionnant spectacle de Julie Berès qui interroge l’héritage du patriarcat et l’impensé de la virilité. Foin des taxons et des carcans ! Vive la liberté !

Comment devenir un homme quand tout conspire à fabriquer des mecs, des vrais, des durs, des tatoués, qui portent les injonctions de la virilité comme un étendard et souvent comme un fardeau ? Après avoir interrogé les modalités du féminin dans Désobéir, Julie Berès continue son travail par le versant mâle des représentations. Avec les auteurs Kevin KeissLisa Guez et Alice Zeniter, elle est allée à la rencontre de jeunes hommes, les questionnant sur leurs rapports à la virilité et ce qu’ils font des clichés et des diktats sociaux, dans un spectacle qui mêle brillamment l’intime et le politique.

Déconstruire la violence

Dans l’adresse directe d’un théâtre performatif, des comédiens originaires de différents horizons artistiques, géographiques et sociaux explorent la fabrique du masculin. Les interprètes forment un chœur, dont émergent tour à tour des solistes. L’ensemble compose un spectacle éblouissant de fantaisie et d’énergie qui suggère la possibilité de relations apaisées entre les êtres. « Nous postulons que c’est sans doute dans l’acceptation de sa vulnérabilité, dans l’accès à ses sentiments, dans la revendication d’une égalité de faits entre les hommes et les femmes (plutôt qu’une complémentarité de principes qui reste l’arme du patriarcat) que réside l’une des clefs de la réinvention de soi. », dit Julie Berès.

Catharsis et création de soi

Se mentir à soi-même, s’échiner à ne pas « faire pédé », assumer la violence quitte à la retourner contre soi, plaire à sa famille, à sa communauté, aux filles à épingler sur un tableau de chasse pour prouver qu’on appartient à la meute des prédateurs et éviter l’opprobre d’apparaître comme une lopette, être capable d’être compétitif et fort comme papa : la tâche est aussi absurde que mortifère. Ni documentaire ni voyeuriste, le spectacle choisit la poésie, la danse, la musique et le chant pour dégager une nouvelle voie pour les hommes et une voix nouvelle pour tous ceux qui refusent d’avoir ou de faire mal pour être mâle.

La Tendresse au Théâtre des Bouffes Parisiens : réservez vos places avec L'Officiel des spectacles

Partager cet article sur :

Nos derniers articles

Au Théâtre de Passy, Sylvie Audcoeur, Ariane Séguillon et Juliette Meyniac interprètent un vaudeville allègre qu’elles ont écrit avec Isabelle Alexis et que met en scène Jean-Luc Moreau.

Les Culturelles de Bagatelle célèbrent l’art et la culture pendant le mois d’août parisien. Après le succès de la première édition, Carine et Paul Montag accueillent à nouveau les artistes au jardin.

Xavier Simonin invite l’Afrique sur la scène du théâtre de la Huchette, la peuplant des animaux de la savane et de la névrose de l’écrivain : excellente adaptation du truculent roman d’Éric Chevillard !

Publié le 28 juillet 2026 [Théâtres]

Née dans une cave de l'avenue George-V en 1951, la maison créée par Alain Bernardin déroule avec Totally Crazy son anthologie : 75 ans d'effeuillage érigé en art. Une revue où la lumière tient lieu de costume et l'humour de fil rouge.

La newsletter

Chaque mercredi, le meilleur des sorties culturelles à Paris avec L'Officiel des spectacles !