[critique] Dolores : Quand la danse devient arme de résistance
Au théâtre Actuel La Bruyère, Dolores retrace l'incroyable destin de Sylvin Rubinstein. Danseur de flamenco adulé dans les années 1930 avec sa sœur jumelle Maria, il devint, après sa disparition, un résistant hors du commun.
Entre biographie, flamenco et fresque historique, la pièce rend hommage à un artiste qui transforma sa douleur en acte de rébellion.
Dolores plonge le spectateur dans un récit aussi romanesque que véridique : celui de Sylvin Rubinstein, danseur de flamenco devenu héros de l'ombre. Avec sa sœur, il forma dans les années 1930 un duo incandescent, « Imperio et Dolores », qui enflamma les cabarets européens. Leur complicité et leur fougue les portèrent au sommet de la gloire, mais l'Histoire, avec la montée du nazisme, brisa leur ascension.
Un destin flamboyant, une histoire vraie
Tout commence à Varsovie : un vieil homme de 87 ans revient au lieu de ses premiers cabarets de jeunesse. Sylvin Rubinstein a la « nostalgie bavarde » et raconte son histoire au barman, qui l'écoute avec une attention grandissante. On revit les débuts de la guerre et l’on tremble lorsque Maria, arrêtée, est déportée dans les camps. Sylvin décide alors de faire de la scène un champ de bataille et la danse devient son cri de résistance. Travesti sous l'identité de sa sœur disparue, il infiltre les rangs ennemis et mène des actions clandestines.
Écrite par Yann Guillon et Stéphane Laporte, mise en scène avec finesse par Virginie Lemoine, la pièce réussit l'alchimie entre récit historique et puissance scénique. Dolores raconte ce destin hors du commun, où la passion se mue en arme, où la mémoire d'une sœur guide un homme dans une lutte désespérée mais flamboyante. Le décor, sobre et épuré, laisse place à l'essentiel : la présence des comédiens, la force des corps et la vibration de la musique.
Un tableau théâtral saisissant
Olivier Sitruk incarne avec intensité ce héros oublié, entouré de partenaires touchants – François Feroleto en officier allemand résistant au régime, Joséphine Thoby en Maria lumineuse. La danse, portée par les chorégraphies et l'énergie des musiciens, traverse le récit comme un fil incandescent. Dolores n'est pas seulement un spectacle : c'est un hommage vibrant à l'art comme ultime refuge, une ode au courage et à la mémoire ! À travers cette œuvre bouleversante qui restitue le parcours d'un homme dont la douleur devint la force, la pièce fait résonner une vérité universelle : la beauté peut se dresser face à la barbarie.
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