[théâtre] Temps fort Alfred de Musset : Moderato cantabile
Le Théâtre 14 invite le Centre de Recherche et de Création Théâtrale de Pau pour un diptyque théâtral en deux proverbes de Musset, accompagné d’un cycle de rencontres autour de son œuvre.
Le CRCTP est un lieu unique en France, qui associe la recherche, la création et la transmission autour du répertoire français du XVIIe au début du XXe siècle. Il est dirigé par Éric Vigner, qui a choisi d’amorcer, depuis deux ans, un cycle d’études autour de l’œuvre d’Alfred de Musset. À l’invitation du Théâtre 14, le metteur en scène et son équipe présentent Il ne faut jurer de rien et Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, dans le même espace scénique, organisé comme une page blanche accueillant les mots du poète.
Carte du Tendre
L’interprétation du premier proverbe est confiée à six élèves de la promotion 11 du Théâtre National de Bretagne (Esther Armengol, Lucille Oscar Camus, Stéphane Delile, Esther Lefranc, Paolo Malassis et Nathan Moreira), qui font ainsi leurs premiers pas professionnels au plateau. Le second proverbe réunit Christèle Tual et Thibault de Montalembert, plus aguerris mais tout aussi touchants dans leur exploration du discours amoureux, de ses élans et de ses silences, dont ils chorégraphient les figures avec une ingénuité romantique semblable à celle du jeune âge. Éric Vigner, familier et fin connaisseur de Marguerite Duras, retrouve chez Musset la même quête d’un langage neuf pour dire la vérité essentielle de l’amour.
Words, words, words…
L’espace scénique s’ouvre et se referme comme un livre ; les panneaux manipulés à vue sont comme les pages entre lesquelles se tient, selon Éric Vigner, le secret de la création contemporaine du répertoire classique, « en trouvant dans l’écrit la source même de la représentation ». Le texte devient matière et le corps se fait l’instrument de son assomption, du froufrou tempétueux de la robe de la comtesse, révélant les orages de l’aveu amoureux vécu comme une reddition, au cri chanté des jeunes amants, pour qui consentir à la passion est une libération. Le travail sur la langue et la recherche de ce que l’amour fait aux corps et aux âmes, montrent combien le théâtre ajoute à la littérature quand il en est le servant.
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Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée au Théâtre 14
Il ne faut jurer de rien au Théâtre 14
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