Théâtres

D'Eugène Labiche, mise en scène Yann Dacosta. Avec Jean-Pascal Abribat, Pierre Delmotte, Pauline Denize, Pablo Elcoq, Hélène Francisci, Benjamin Guillard, Guillaume Marquet.

Genre : Comédie
Lieu : Espace Bernard-Palissy, Boulogne-Billancourt
Date de début : 3 octobre 2014
Date de fin : 12 octobre 2014
Durée : 1h15

Programmation : Dates et horaires : cet évènement est désormais terminé

Pour le confort et la santé de tous, merci de respecter les consignes sanitaires mises en œuvre par les lieux culturels : présentation d'un "pass sanitaire", port du masque, usage de gel hydroalcoolique et distanciation physique.

Présentation

Un matin, Lenglumé se réveille avec une gueule de bois, son seul souvenir de la veille restant la perte d'un parapluie vert… Il trouve dans son lit Mistingue, dans le même état que lui, se souvenant avoir perdu un mouchoir avec ses initiales. Au cours du déjeuner, ils lisent un article sur une femme retrouvé assassinée dans la rue de Lourcine, entourée d'un parapluie vert et d'un mouchoir brodé…

L'événement L'Affaire de la rue de Lourcine est référencé dans notre rubrique Pièces de théâtre.

Derniers avis

Avis publié par NicolasA le 19 octobre 2014

Éclairage du versant noir de la pièce

Si leurs aventures ridicules sont risibles, ils n’en vivent pas moins un véritable cauchemar. C’est ce versant noir qui domine le spectacle. Le metteur en scène Yann Dacosta prend ses distances avec la tradition et maîtrise son point de vue original de bout en bout. La scène initiale donne le ton ; on est plongé au coeur du cauchemar de Lenglumé qui rêve d’une boîte de nuit peuplée de danseurs aux masques fantastiques qui s’agitent sur une piste de danse. Au réveil, la piste de danse s’avère être son lit qui deviendra une fontaine. Notons la scénographie habile de Fabien Persil et William Defresne, on ne peut plus signifiante et esthétique, et les lumières de Thierry Vareille qui contribuent à l’ambiance inquiétante qui évoque les romans de Maurice Leblanc ou de Gaston Leroux.
Rythme, justesse et inventivité

Excellent directeur d’acteurs, Dacosta imprime au spectacle le rythme nécessaire, et les comédiens, justes et inventifs, font tous merveille, loin des clichés traditionnels. Benjamin Guillard est un Lenglumé apoplectique, perpétuellement agité. Pivot de l’édifice, il ne confond pas vitesse et précipitation. Son duo avec Mistingue (Guillaume Marquet) est excellent. Sa femme Norine, qui se prépare au baptême du neveu Potard, déambule bigoudis sur la tête et masque de beauté sur le visage pour finir dans une robe moche à souhait mais tellement chic (costumes de Morgane Mangard). Hélène Francisci lui prête une énergie et un abattage certains. Le valet Justin est perpétuellement éberlué (Pierre Delmotte) à peu près autant que le cousin Potard (Jean-Pascal Abribat), tout de vert pomme vêtu. Les comédiens ne cherchent jamais à faire rire ; tels des marionnettes sanglées dans leur statut social, ils jouent à fond la situation au premier degré, révélant ainsi conjointement la cruauté du propos et la drôlerie de la pièce.
Cette sombre sarabande est conduite sous les auspices de la musique de Pablo Delcoq, lointain écho des mélodies de Kurt Weill, qui participe à l’architecture du spectacle. En compagnie de Pauline Denize (voix et violon), Decoq accompagne l’action sur scène à la guitare d’une belle voix grave. Cerise sur le gâteau, les quelques interventions chantées des comédiens, sont de qualité.
Si on n’y rit jamais franchement, on savoure tout autant les perfidies et les répliques claquantes de Labiche que le talent, le styl

Avis publié par NicolasA le 5 octobre 2014

Tandis qu'une musique style "Underground londonienne" envahit la salle, le rideau s'ouvre sur une étrange boîte de nuit où les danseurs masqués évoquent un club quelque peu louche. Un moustachu en tenue de cow-boy visiblement éméché traverse la scène, un ours en peluche blanc à la main.

C'est ainsi que démarre le spectacle et déjà le public est subjugué par l'ambiance fantasmagorique qu'a choisi Yann Dacosta, soutenu par une scénographie hallucinante de Fabien Persil et William Defresne éclairée avec talent par Thierry Vareille.

La Compagnie Le Chat Foin propose un vrai univers qui nous embarque dans des brumes d'alcool, lendemain de fête douloureux pour Lenglumé, le maître de maison, qui n'a aucun souvenir de la soirée passée la veille et retrouve dans son lit un certain Mistingue, ami d'études et compagnon de beuverie. Les deux bourgeois n'en mènent pas large quand ils apprennent qu'un meurtre a été commis cette nuit et que tout porte à croire qu'ils en sont les coupables.

Pièce certainement à part dans l'oeuvre d'Eugène Labiche, "L'affaire de la rue de Lourcine" mêle le burlesque et l'angoisse et peut faire penser par moments à du Edgar Allan Poe, tant l'ambiance fantastique y est développée. Lenglumé pourrait être une sorte de Jack L'Eventreur qui ne se l'avoue pas.

C'est de la société du 19ème siècle que Labiche dresse le portrait et de ses bourgeois dont le paraître guide le comportement dans cette histoire cruelle et sombre qui en dit beaucoup sur les mœurs de l'époque.

Dans sa mise en scène en tous points excellente, Yann Dacosta installe sur scène deux formidables musiciens qui rythment le spectacle : Pauline Denize, violoniste impressionnante alterne discrétion et interventions décisives et Pablo Elcoq, qui chante d'une voix envoûtante, a composé l'univers musical décadent tendance Tom Waits qui correspond parfaitement au parti pris de mise en scène.

La distribution est également splendide. Benjamin Guillard est un Lenglumé fascinant qu'on ne parvient pas à cerner. Tour à tour naïf ou pervers, victime ou assassin en puissance, il brouille les pistes avec délectation.

L'autre compère c'est le non moins brillant Guillaume Marquet qui parvient à composer un personnage mémorable proche de la pantomime. La précision de son jeu fait mouche.

Enfin, Pascal Abribat passe maître en burlesque, Hélène Francisi est une Norine de tempérament aux contours flous et Pierre De

Principaux artistes liés à l'événement

Guillaume Marquet : au théâtre, Guillaume Marquet est à l'affiche de Huis clos (Théâtre de l'Atelier) en 2022, Amphitryon (Théâtre Montansier) en 2018, Le Moche (Théâtre de l'Atalante) en 2017 ou encore La Baye (Théâtre de la Tempête) en 2017.

Benjamin Guillard : au théâtre, Benjamin Guillard est à l'affiche de La Métamorphose des cigognes (La Pépinière Théâtre) en 2022, Lettres à Anne (Théâtre du Rond-Point) en 2021, Jo (Théâtre du Gymnase) en 2019 ou encore Vous n'aurez pas ma haine (Théâtre Montansier) en 2019.

Jean-Pascal Abribat : au théâtre, Jean-Pascal Abribat est à l'affiche de Les Faux British (Théâtre Tristan-Bernard) en 2015 ou encore Le 20 novembre (L'Étoile du Nord) en 2011.
Au cinéma, Jean-Pascal Abribat a interprété Etienne dans Croisière en 2004.

Hélène Francisci : au théâtre, Hélène Francisci est à l'affiche de Variations autour de l'épreuve de Marivaux (Théâtre 13 - Bibliothèque) en 2010.

Adresse du lieu

Espace Bernard-Palissy

Adresse : 1 place Bernard-Palissy 92100 Boulogne-Billancourt
Métro : Boulogne - Pont de Saint-Cloud (10)
Réservation : 01.46.03.60.44 mar au sam 13h - 19h

Plan d'accès

Espace Bernard-Palissy - Boulogne-Billancourt
1 place Bernard-Palissy

2 avis sur L'Affaire de la rue de Lourcine

Avis publié par NicolasA le 19 octobre 2014

Éclairage du versant noir de la pièce

Si leurs aventures ridicules sont risibles, ils n’en vivent pas moins un véritable cauchemar. C’est ce versant noir qui domine le spectacle. Le metteur en scène Yann Dacosta prend ses distances avec la tradition et maîtrise son point de vue original de bout en bout. La scène initiale donne le ton ; on est plongé au coeur du cauchemar de Lenglumé qui rêve d’une boîte de nuit peuplée de danseurs aux masques fantastiques qui s’agitent sur une piste de danse. Au réveil, la piste de danse s’avère être son lit qui deviendra une fontaine. Notons la scénographie habile de Fabien Persil et William Defresne, on ne peut plus signifiante et esthétique, et les lumières de Thierry Vareille qui contribuent à l’ambiance inquiétante qui évoque les romans de Maurice Leblanc ou de Gaston Leroux.
Rythme, justesse et inventivité

Excellent directeur d’acteurs, Dacosta imprime au spectacle le rythme nécessaire, et les comédiens, justes et inventifs, font tous merveille, loin des clichés traditionnels. Benjamin Guillard est un Lenglumé apoplectique, perpétuellement agité. Pivot de l’édifice, il ne confond pas vitesse et précipitation. Son duo avec Mistingue (Guillaume Marquet) est excellent. Sa femme Norine, qui se prépare au baptême du neveu Potard, déambule bigoudis sur la tête et masque de beauté sur le visage pour finir dans une robe moche à souhait mais tellement chic (costumes de Morgane Mangard). Hélène Francisci lui prête une énergie et un abattage certains. Le valet Justin est perpétuellement éberlué (Pierre Delmotte) à peu près autant que le cousin Potard (Jean-Pascal Abribat), tout de vert pomme vêtu. Les comédiens ne cherchent jamais à faire rire ; tels des marionnettes sanglées dans leur statut social, ils jouent à fond la situation au premier degré, révélant ainsi conjointement la cruauté du propos et la drôlerie de la pièce.
Cette sombre sarabande est conduite sous les auspices de la musique de Pablo Delcoq, lointain écho des mélodies de Kurt Weill, qui participe à l’architecture du spectacle. En compagnie de Pauline Denize (voix et violon), Decoq accompagne l’action sur scène à la guitare d’une belle voix grave. Cerise sur le gâteau, les quelques interventions chantées des comédiens, sont de qualité.
Si on n’y rit jamais franchement, on savoure tout autant les perfidies et les répliques claquantes de Labiche que le talent, le styl

Avis publié par NicolasA le 5 octobre 2014

Tandis qu'une musique style "Underground londonienne" envahit la salle, le rideau s'ouvre sur une étrange boîte de nuit où les danseurs masqués évoquent un club quelque peu louche. Un moustachu en tenue de cow-boy visiblement éméché traverse la scène, un ours en peluche blanc à la main.

C'est ainsi que démarre le spectacle et déjà le public est subjugué par l'ambiance fantasmagorique qu'a choisi Yann Dacosta, soutenu par une scénographie hallucinante de Fabien Persil et William Defresne éclairée avec talent par Thierry Vareille.

La Compagnie Le Chat Foin propose un vrai univers qui nous embarque dans des brumes d'alcool, lendemain de fête douloureux pour Lenglumé, le maître de maison, qui n'a aucun souvenir de la soirée passée la veille et retrouve dans son lit un certain Mistingue, ami d'études et compagnon de beuverie. Les deux bourgeois n'en mènent pas large quand ils apprennent qu'un meurtre a été commis cette nuit et que tout porte à croire qu'ils en sont les coupables.

Pièce certainement à part dans l'oeuvre d'Eugène Labiche, "L'affaire de la rue de Lourcine" mêle le burlesque et l'angoisse et peut faire penser par moments à du Edgar Allan Poe, tant l'ambiance fantastique y est développée. Lenglumé pourrait être une sorte de Jack L'Eventreur qui ne se l'avoue pas.

C'est de la société du 19ème siècle que Labiche dresse le portrait et de ses bourgeois dont le paraître guide le comportement dans cette histoire cruelle et sombre qui en dit beaucoup sur les mœurs de l'époque.

Dans sa mise en scène en tous points excellente, Yann Dacosta installe sur scène deux formidables musiciens qui rythment le spectacle : Pauline Denize, violoniste impressionnante alterne discrétion et interventions décisives et Pablo Elcoq, qui chante d'une voix envoûtante, a composé l'univers musical décadent tendance Tom Waits qui correspond parfaitement au parti pris de mise en scène.

La distribution est également splendide. Benjamin Guillard est un Lenglumé fascinant qu'on ne parvient pas à cerner. Tour à tour naïf ou pervers, victime ou assassin en puissance, il brouille les pistes avec délectation.

L'autre compère c'est le non moins brillant Guillaume Marquet qui parvient à composer un personnage mémorable proche de la pantomime. La précision de son jeu fait mouche.

Enfin, Pascal Abribat passe maître en burlesque, Hélène Francisi est une Norine de tempérament aux contours flous et Pierre De

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