[expo] Fellini : Maestro ! : Le génie et l’artisan
La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé présente une passionnante exposition consacrée à l’œuvre de Federico Fellini. Archives inédites, dessins, costumes, photographies : une mine d’or à explorer !
Stéphanie Salmon, co-commissaire de l’exposition le remarque avec autant de regret que de passion : Fellini est peu connu des plus jeunes. Son œuvre, pourtant maintes fois couronnée par ses pairs, peine à entrer dans le patrimoine populaire. La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé répare cet oubli dans le charmant écrin conçu par Renzo Piano et installé derrière la façade sculptée par Rodin de l’ancien théâtre des Gobelins. Fellini ne conservait rien, mais ses collaborateurs et amis ont gardé des croquis, des notes, des photographies : l’exposition reconstitue le travail du maestro selon un ordre à la fois thématique et chronologique.
L’œuvre se faisant
La salle du rez-de-chaussée est entièrement consacrée à La Dolce Vita. On retrouve avec bonheur la beauté de Mastroianni et la langueur d’Anita Ekberg errant dans les rues de Rome avec un chaton sur la tête. Les vitrines des étages supérieurs présentent le processus de création du cinéaste, depuis les dessins griffonnés et les notes éparses jusqu’à l’invention des personnages, du scénario et du montage. On y découvre un Fellini plus sensuel qu’intellectuel, les clichés de plateau montrant comment sa direction d’acteurs passait par le geste et l’imitation. Le panorama est complet, des costumes de Casanova ou du Satyricon jusqu’aux dessins de Milo Mannara pour la bande dessinée adaptée du scénario du Voyage de G. Mastorna.
Influences et héritages
Du 22 novembre au 19 décembre, en lien avec l’exposition, un cycle de films muets présentés en ciné-concert montre l’influence de ce genre sur l’œuvre de Fellini. Le 1er décembre, une journée de conférences est organisée autour de l’héritage et de l’influence du metteur en scène, donnant la parole à ses collaborateurs, de grands collectionneurs et des universitaires ; elle est suivie de la projection d’Amarcord. Enfin, le 12 janvier, projection exceptionnelle d’Intervista, restauré par Pathé, dont cette exposition permet aussi de découvrir le précieux travail de conservation et d’archivage.
Exposition Fellini : Maestro ! à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, à découvrir jusqu'au 27 janvier 2024
Partager cet article sur :
Nos derniers articles
Trop souvent cantonné à ses forêts vierges fantasmées, l’œuvre d’Henri Rousseau se déploie au musée de l'Orangerie dans toute son ampleur et sa singularité, avec des toiles jamais montrées en France.
Le Musée de Montmartre consacre une belle rétrospective à Adya et Otto van Rees, duo d’artistes longtemps resté à la lisière des grands récits de la modernité. Une exposition sensible et documentée, qui éclaire autant une aventure esthétique qu’une histoire de vie.
Avec Renoir et l’amour et Renoir dessinateur, le musée d’Orsay dédie ce printemps une double exposition au maître impressionniste qui a affirmé toute sa modernité sur toile comme sur papier.
Au musée de Cluny, écrin de l’extraordinaire tenture de La Dame à la licorne, est organisée une exposition consacrée à cet animal fantastique qui caracole en élégante dans la culture populaire.





