[critique] Le Cercle des Poètes disparus : Cueillir les roses de la vie

© JMD Productions

Adapté pour la première fois en France, Le Cercle des Poètes disparus s’installe au Théâtre Antoine, avec des jeunes comédiens inspirés et Stéphane Freiss en professeur iconoclaste. Une ode à la liberté qui bouleverse et fait du bien.

Pour qui a été adolescent à la fin des années 1980, Le Cercle des poètes disparus reste un film libérateur et qui a contribué à populariser l’expression Carpe Diem (d’après Horace). Petit rappel de l’histoire : en 1959, Todd Anderson, jeune homme timide, intègre les rangs de la sévère académie de Welton où son frère a fait des étincelles. M. Keating, un professeur de littérature anglaise, va changer sa vie… Le long métrage de Peter Weir a désormais sa déclinaison sur les planches, par l’auteur oscarisé du scénario Tom Schulman. Gérald Sibleyras s’est chargé de l’adaptation en français, visible actuellement au théâtre Antoine. Un défi ? A l’évidence, mais largement relevé.

« Oh Capitaine, mon Capitaine »

Sur un temps plus ramassé, la pièce conserve les scènes clés et cultes du film. Comme celle où le professeur Keating demande à être appelé par ses élèves «Ô Capitaine ! Mon Capitaine !», d’après le poème-hommage à Abraham Lincoln de Walt Whitman. Stéphane Freiss choisit la sobriété, et un peu l’ironie, pour incarner cet enseignant charismatique et pourfendeur du conformisme. Et ne souffre pas de l’inévitable comparaison avec Robin Williams, nommé à l’oscar pour le rôle. Face à lui, les jeunes comédiens, qui incarnent des personnages, aux caractères bien définis et appelés à devenir, malgré eux, l’élite de la nation, ont du répondant : Ethan Oliel, en tête, dans la peau de l’idéaliste Neil Perry.

Théâtre au cinéma

Nous sommes au théâtre, mais le 7e art n’est pas loin, grâce à ce tableau noir de 9 m de long, voulu par le metteur en scène Olivier Solivérès. Des vidéos comme dessinées à la craie et projetées sur cet « écran » comptent parmi les belles trouvailles visuelles. Dans ce même esprit, très cinématographique, on retient la découverte de la grotte, lieu de réunion du fameux Cercle des poètes disparus, et qui s’achève par un tam-tam sur les pupitres en salle de classe. Ces mêmes pupitres à roulette qui participent à une mise en scène fluide et dynamique. Pas de temps mort donc, pour cet hymne, toujours actuel et touchant, à l’amitié, à la transmission et à la libre pensée.

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