[opéra] Ercole amante : La Bastille renverse la domination !

Photo de répétition © E. Bauer / Opéra national de Paris

Le chef Leonardo García-Alarcón revient à l’Opéra Bastille à la tête de son ensemble Cappella Mediterranea. Avec Netia Jones à la mise en scène, il exalte et dompte la folie amoureuse d’Hercule.

Leonardo García-Alarcón fait resplendir l’éclat d’une pépite, plus de trois siècles après sa composition par Antonia Bembo, dans la ville où la musicienne avait trouvé refuge sous la protection de Louis XIV, après avoir fui Venise et un mari violent. Jamais représenté en Europe, cet Hercule amoureux, dont l’originalité harmonique rivalise avec la grande virtuosité vocale, entre ainsi au répertoire de l’Opéra de Paris. La metteuse en scène Netia Jones s’empare de cette œuvre baroque pour en révéler le motif : celui d’un barbon despotique qui ne supporte pas qu’une femme lui résiste.

Mort au tyran !

Ercole (Andreas Wolf) tente de séparer le couple que forment son fils Hyllo (Alasdair Kent) et la jeune Iole (Ana Vieira Leite). Mais son épouse Dejanira (Deepa Johnny) et la déesse Giunone (Julie Fuchs) contrecarrent sa vanité libidineuse. Ercole, consumé par la passion, finit carbonisé par la tunique empoisonnée de Nessus. Jeunesse et vertu déjouent les caprices des puissants : le mâle dominant est satellisé dans les nuées, loin des humains. « Il n’est guère difficile de trouver aujourd’hui des équivalents à cet Hercule vorace, vieillissant, lubrique et grossier. L’opéra aborde ainsi des questions de consentement, de privilège et de pouvoir, qui restent au cœur de nos préoccupations contemporaines. », remarque Netia Jones.

Gloire aux femmes !

Chorégraphié par Maud Le Pladec, éclairé par Ellen Ruge, ce spectacle réunit l’Ensemble Cappella Mediterranea et le Chœur de Chambre de Namur, dirigé par Thibaut Lenaerts. La partition, écrite en 1707 par Antonia Bembo sur le livret jadis utilisé par son maître, Francesco Cavalli, date du déclin du Roi Soleil, qui avait alors renoncé à darder ses rayons sur toutes les beautés de la cour. L’iconoclastie de la compositrice est rejointe par la liberté d’une version actualisée, qui dénonce les égarements de la domination masculine et magnifie la victoire des femmes. Ceux qui ne savent contenir la fièvre de leur désir périront par le feu !

Ercole amante à l'Opéra Bastille : réservez vos places avec L'Officiel des spectacles

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