Tempest Project : Shakespeare et Brook, what else ?

Ery Nzaramba dans Tempest Project © Marie Clauzade

En mars 2025, Peter Brook aurait eu cent ans. Le Théâtre des Bouffes du Nord, qui fut le sien pendant un demi-siècle, reprend son dernier spectacle. Hommage au maître, au théâtre et à la liberté.

Prospero, dépossédé de son duché milanais par la fourberie de son frère et la complicité du roi de Naples, se fait le metteur en scène d’une leçon destinée à rééduquer les vicieux. Avec l’aide d’Ariel, esprit de l’air, il provoque une tempête qui fait s’échouer le navire de ses bourreaux sur l’île dans laquelle il est relégué avec sa fille, Miranda, élevée loin des humains et de leur vilenie. En se faisant maître de la nature et de ses créatures, Prospero domestique sa propre tempête intérieure et renonce à la vengeance. Mieux qu’une Tempête redécouverte, Tempest Project est l’exploration volontairement inachevée des mystères du théâtre.

Explorer l’énigme

Mis en scène par Peter Brook et Marie-Hélène Estienne, le spectacle réunit Sylvain Levitte, Paula Luna, Fabio Maniglio, Luca Maniglio, Marilù Marini et Ery Nzaramba au jeu et Harué Momoyama au chant, sous les lumières de Philippe Vialatte. « La Tempête est une énigme, c’est une fable où rien ne semble pouvoir être pris à la lettre et si on reste à la surface de la pièce sa qualité cachée nous échappe » disait Peter Brook, qui a monté la pièce de Shakespeare une première fois à Stratford en anglais, puis, en France, avec des acteurs venant de pays différents, pour mieux la redécouvrir et en explorer les contrastes.

Conquérir la liberté

Dans l’espace vide des Bouffes du Nord, les artistes réunis une nouvelle fois tâchent de percer l’énigme et de trouver le sens du mot « liberté », qui traverse toute la pièce. Liberté pour Ariel et pour Caliban ; liberté pour les méchants absous ; liberté, pour Miranda, d’aimer le fils de l’ennemi de son père ; liberté, enfin, pour Prospero qui « doit abandonner sa magie, ses livres, casser son bâton, tout ce qu’il appelle son art ». À qui le magicien faiseur de merveilles demande-t-il sa liberté ? « À nous tous », répond Peter Brook. Sus à l’antre magique de cette salle, l'une des plus inspirées, des plus belles, des plus romanesques et des plus mystérieuses de Paris, et en avant pour la cérémonie !

Tempest Project au Théâtre des Bouffes du Nord : réservez vos places avec L'Officiel des spectacles

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