[théâtre] La Soirée diapo & le Roman photo : Mythologies clownesques
Le Théâtre de l’Atelier accueille la première parisienne du dernier opus de La Collection, série maline et loufoque imaginée par le collectif BPM, qui fait surgir la poésie de l’ordinaire des jours.
Découverte au festival d’Avignon 2021 dans le cadre de la Sélection Suisse, La Collection a connu un large succès en Suisse, en France, en Belgique et en Espagne. Catherine Büchi, Léa Pohlhammer et Pierre Mifsud (le collectif BPM) sortent de l’oubli des objets cultes en leur temps : la K7 audio, le vélomoteur, le téléviseur à tube cathodique. Comme Roland Barthes étudiait la DS, le plastique et le steak-frites, montrant en sémiologue que les fétiches d’une époque révèlent son esprit, le trio déjanté s’empare du carrousel à diapositives et transforme une banale soirée de compte rendu vacancier en sociologie farfelue des années 1980.
Fan des années 1980
En rose, en vert et en bleu, avec trois chaises et un écran, les personnages font défiler les images et les souvenirs de leurs vies, qui se révèlent, bientôt, infiniment plus intriqués que l’exposition initiale le laissait supposer. Ceux qui ont connu le ronron du projecteur, le cliquetis de la machine et les commentaires interminables des soirées diapos, reconnaîtront l’ambiance émolliente de ces spectacles entre amis. Mais la fantaisie a tôt fait de dynamiter les attentes, et la parentèle abracadabrantesque des trois larrons fait soudain surgir la figure de l’idole des années 1980, mythe humanitaire et musical qui servait de phare aux teenagers d’alors…
Daniel forever
La pop culture s’immisce en douce dans le défilé des images, et Balavoine règne en père de substitution de cette jeunesse qui susurrait les tubes de Starmania, dansait sur « L’Aziza » et espérait sauver l’Afrique et l’amour, avant que la fin du XXe siècle ne vienne fracasser les derniers rêves de la génération Mitterrand. Suspense et coïncidence, pataphysique et surréalisme, imbroglios familiaux et révélations fracassantes : la soirée vire au délire, menée de main de maître par ces trois facétieux fantaisistes. Avec cette invitation, Rose Berthet, la directrice du Théâtre de l’Atelier, prouve, une fois encore, sa capacité à faire emprunter à sa programmation des chemins de traverse.
La Soirée diapo & le Roman photo au Théâtre de l'Atelier : réservez vos places avec L'Officiel des spectacles
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