Mon crime [critique] : Emprise et médiatisation chez Ozon

© Gaumont Distribution

Après Peter von Kant (2022), François Ozon adapte une nouvelle fois une pièce de théâtre avec Mon crime. Dans une mise en scène complètement exubérante et portée par deux jeunes actrices éblouissantes, le film évoque les sujets de prédilection du réalisateur : le cinéma et les femmes.

Dans les années 30, Madeleine, jeune actrice, et Pauline, avocate débutante, vivent ensemble dans un modeste appartement parisien. Tandis que Madeleine confie à son amie s’être faite agresser par un producteur plus tôt dans la journée, les deux jeunes femmes apprennent le décès de celui-ci. Lors de son interrogatoire chez le juge, Madeleine avoue faussement avoir commis le meurtre, sentant que l’affaire peut l’amener vers la célébrité. Avec l’aide de Pauline qui plaide la légitime défense, l’accusée est acquittée. Les deux femmes sont alors sollicitées de toute part. Jusqu’au jour où, Odette, une actrice en fin de carrière, débarque chez les deux jeunes filles se déclarant comme étant la véritable meurtrière. Elle souhaite faire éclater la vérité au grand jour…

Une nouvelle adaptation théâtrale aux accents modernes

Faisant écho au mouvement #Metoo, Mon Crime est un vaudeville dans les années 30 mettant en avant la représentation féminine dans sa plus grande splendeur. Deux jeunes femmes, l’une comédienne et l’autre future avocate, sont bien décidées à ne pas se laisser mener par le « sexe fort ».

Telles Roxy Hart et Velma Kelly dans la comédie musicale Chicago, les deux protagonistes du film utilisent le système judiciaire comme une scène destinée à accroitre leur popularité. Cette quête de succès résonne bien évidement avec la problématique actuelle de cette popularité facile recherchée par certains influenceurs des réseaux sociaux. Les personnages principaux sont des écrins lumineux pour Nadia Tereszkiewicz (Les Amandiers) et Rebecca Marder (Simone, le voyage du siècle), deux jeunes actrices remarquables, futures icônes du cinéma français. Elles font face à un casting particulièrement étoffé, dont Isabelle Huppert en baronne du film muet prête à tout pour renouer avec ses succès de jeunesse.

Mon Crime est une œuvre travaillée qui assume les clichés dans un univers rétro complétement rocambolesque. La mise en scène est une reconstitution formidablement kitsch où décors comme costumes rappellent les codes visuels de la comédie musicale.

Mon crime, sortie le 8 mars 2023 : toutes les séances à Paris et en Île-de-France

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