[critique] Amis pour la vie : Les copains d’abord ?
Amis pour la vie, de et mis en scène par Bertrand Marcos, s’amuse des aléas de la vie conjugale et des relations amicales. Une comédie drôle et émouvante à découvrir jusqu’au 29 juin au Théâtre de l’Œuvre.
Sur la musique des Copains d’abord de Brassens, Richard (Davy Sardou) feuillette son quotidien sportif préféré. Un brin agacée, Claire, sa femme (Alysson Paradis), lui rappelle qu’il a mieux à faire, comme l’aider à la cuisine et se changer avant l’arrivée imminente de leurs amis de longue date, Mathilde (Marie-Ange Casta) et Christophe (Julien Personnaz). Les invités, une fois sur place, on discute bébé (qui n’arrive pas) et expatriation prochaine au Nigéria. Très vite, la soirée va prendre un tournant inattendu… Avec ce point de départ classique, Amis pour la vie, actuellement au Théâtre de l’Œuvre, pourrait être labellisée « comédie de boulevard », et pourtant son auteur, Bertrand Marcos, se libère assez vite des figures imposées.
Un durassien moqueur
Parfois maladroite, sa variation sur le couple et l’amitié s’avère finalement alerte grâce à des répliques bien senties. C’est également un baptême du feu pour Bertrand Marcos : pour la première fois, il met en scène une pièce écrite par ses soins. Auparavant, il s’est délecté des mots de Kafka, Stephan Zweig (Lettre à une inconnue) avec Ophélia Kolb, et enfin et surtout Marguerite Duras avec notamment Hiroshima mon amour et La Passion suspendue, deux relectures emmenées par Fanny Ardant. Avec Amis pour la vie, comédie « grand public », comme il aime à le préciser, Bertrand Marcos change donc totalement de registre.
Petites lâchetés
Cette fois, il mise sur l’humour et l’ironie, au moins au début, pour explorer les conventions et les travers bourgeois. Sa cible favorite ? Le personnage campé par Davy Sardou (très bon en nouveau riche un brin macho), trop fier de son whisky douze ans d’âge et d’avoir dégotté à grands frais une raquette ayant appartenu à Roger Federer. C’est par lui, et à cause de sa lâcheté, que la soirée évolue vers le règlement de compte. En face, le reste du casting a du répondant et crée une émotion bienvenue. Grâce à lui, on a droit à un final, un brin déstabilisant, qui devrait d’ailleurs surprendre plus d’un spectateur.
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