[critique] L’Heure des assassins : Meurtre au théâtre

© Stéphane Audran

Après Le Cercle de Whitechapel et Les Voyageurs du crime, Julien Lefebvre clôt sa trilogie policière avec L’Heure des assassins. Affûtez vos petites cellules grises : le diable se cache dans les détails !

Avec une aisance mystifiante, des clins d’œil drolatiques et un art consommé de l’intrigue, Julien Lefebvre mêle plaisamment l’histoire et la fiction dans sa nouvelle comédie policière, que mettent en scène Elie Rapp et Ludovic Laroche. On est à Londres, dans le théâtre que dirige Bram Stoker, qui n’a pas encore écrit Dracula mais doit régler les prises de bec entre ses deux camarades enquêteurs : Arthur Conan Doyle, qui a déjà écrit les aventures de Sherlock Holmes, et son ennemi juré, George Bernard Shaw. Julien Lefebvre a déjà réuni ces trois compères dans ses précédents spectacles et on ne se lasse pas de les observer se débattre dans les rets du crime en s’en accusant mutuellement.

Les risques du champagne

Elie Rapp a conçu une scénographie très élégante, qui reconstitue les salons du Lyceum Theatre avec de charmants détails. La belle vue animée de Londres (réalisée par Sébastien Mizermont) ajoute au réalisme : entre petits fours, papier peint rouge et or et coupes de champagne, on s’y croirait ! Philip Somerset est sur la terrasse, et ce qu’il en reste va y rester ! Les trois romanciers enquêteurs sont entourés par Katherin la sœur du défunt, Hartford, son bras droit, et Miss Lime son assistante. Les portes sont closes, le balcon est sans issue : l’assassin est donc dans la place. Reste à le trouver !

Humour et suspense

Les comédiens (Ludovic LarocheStéphanie BassibeyPierre-Arnaud Juin, Ninon Lavalou, Jérôme PaquatteNicolas Saint-Georges) sont tous excellents. Ils virevoltent de péripéties en rebondissements, d’aveux en éclats, de chaussetrappes en révélations, brouillant les pistes avec un plaisir communicatif et jubilatoire. Comme dans les meilleurs polars, on se fait berner, on croit avoir compris et on repart de plus belle, afin de savoir comment et pourquoi le malheureux Philip Somerset a été empoisonné ! Vive et alerte, la mise en scène est efficace et sert avec brio cette pièce amusante et captivante où trinquent les maîtres du mystère !

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Publié le 27 février 2024 [Théâtres]

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